‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 6 sur 446 · SCÈNE XVIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVIII

Les PEÉCÉDBHTa» ADOLPHE, PAULINE, LÉON.

ABOLPHE. -t

Lui-même, qui n'a pu échapper A son sort; mais qu^ ' avant de retourner en prison, vient former opposition jui mariage. ' ,

KEBKAVEL.

Je comprends enfin. (noBtraoi Adolphe.) Cest Monsieur qui est le prisonnier et l'amant préféré.

H. DE HOSTANGES ET LE BASOn.

Comment, l'amant préféré?

.KEHKAVEL.

Eh parbleu! il n'y a pas de (luoi se tàcM, et je vous en félicite au contraire. Savez-îoiis, mon ami, que ce jeune homme a fait un chemin superbe, qu'il n'a plus que quinze jours à passer en prison, et qu'après cela il sera fait contre-amiral?

Contre-amiral? ^

Eh oui! sans doute; c'sst ainsi que l'a décidé le ministre; trois mois d'an-êls pour punir son insubordination, et le grade de contre-amiral pour récompenser son mérite.

U. PETITE SCRCK.

Non, non, il est des circonstances où il ta.nl enfin payer de sa paonne; je tous suis, mon cher major; mais j'espère que Tons TiendreE me voir en prison,- que noos ferons des piquets.

KEMATEL.

Je TOUS )e promets, monsieur l'amiral.

LE BAnim,

Qnaot à toi, Jenny, qui nous as Tait enrager aujourd'hui, prends garde, il se pourra tnen que dans cinq ou six ans je me vaige sur toi.

ADOLFflE.

Je ne tous le conseille pas, mon oncle ; voilà Léon qui pourrait encore prendre votie place.

TADDBTILLE.

Aia : La «iUe ut bUn, fair eu iris^mr (da CoutHEL).

JEKNT, 1 M. de SoltUfB.

Enfin, tout le monde est content.

Je vois heurem tout ce que J'aime, Paarlant je ne mis qu'on entant; TanlM tous le diatei Tons-mfme.

Ah ! combien Je sais fière aoss).

Grâce à ma petite équipée.

De TODs avoir fait aojourd'bui Jouer encore à la poupAe.

H. DK aOSTÂNGES.

Tons ce« biens, ohjets de noi *ibdi, El qui Font le mépris da sage.

Sont plus rumes à ses jeni Qae tes hochets du premier âge.

Que nous portions, fier? et contents.

Le sceptre, la Ifre ou l'épée, Noos sommes toujours des entants, NoDB ne changeons que de poupée.

LE BARON

Qooiqae le fait soit étonnant.

42 uéuoniEs d'uh colonel de hussards.

airs d'opëra-comique, j'ai pensé à ma femme... 11 fallait bien

s'en occuper! Mais à présent à qui vais-je penser? (s'approcham d« it iDcamc à gauche.) Qu'est-ce que je vois là de mon belvédère? c'est un uniforme qui est à la croisée en face. Comment diable établir une ligne télégraphique? (AgiiiDi md maueboir par la crol^.J 11 m'a TU, car il répond & mes signes. (criBoi.) Bonjour, camarade, ça TOUS va-t-il bien ? (Écoulut commii ai an lui répond»]!.) Atl !

VOUS TOUS ennujezl moi, c'est différent, je m'amuse beaucoup. (ËcDuiaui.) Qui je suid? Gustave de Montemart, colonel au sixième de hussards. Et vous? Hein !... A peine si on entend. Léon, sous-lieutenant- Mais il s'en va... (Quittant la crokée.) Tiens, Léon; ehl nous nous sommes déjà vus... oui, lors de la dernière affaire : un officier de dix-sept ans, qu'on prendrait pour une demoiselle, qui ne boit pas, ne jure jamais, et qui roi^lt en saluant une dame. Ali! c'est lui qui est en prison; à la bonne heure, il commence à se lancer. Ahl le voilà qui revient. (setanniaDt il It tcBètre et écoutant.) Hein!... VOUS voudriez me parler? et moi aussi. Attendez , j'aperçois M. Doucet, le geôlier, qui se promène dans la cour, la pipe à la bouche. (cciajit.) Bonjour, monsieur Doucet! (Ëeoutuii.] Si j'ù été content? oui, le diner était bon, mais un peu cher. J'ai autre chose à vous demander : voulez-vous que le prisonnier en face vienne me rendre visite? (Écoutant.) Comment, si on m'entendait ! (Crioni de toutes us forces.) Eh ! qui voulez-vous qui m'entende ? votre conscience ? (a part.) Oh bien alors j'y suis. (Tinui

la bdurse.)

A» du Bouffe e( le Tailleur.

Allons, la place va se rendre.

Je sajs eomment il faut s'y pKDdre Pour la r^re capituler...

Auïiitat qu'on entend parler Ua tendron da son Innoceact, On geûlter de sa consolence, C'est qu'ils veulent nous lodiqner tel endroit» qu'il faut attaquer.

(Lui jetant le bourse.) A VOUS !... c'eBt Ça; la consciencene dit plus rien : je savais bien que je la ferais taire, (a Léon.) Camarade,

on Ta TOUS ouvrir. (ReTeoant sur le dcTiul du théttre.) Ma foi, je SUis

charmé de la rencontre; je ne passerai pas ma soirée tout

i6 - HÉHOIItBS d'un colonel SK HUSSARDS.

LÉON

Bien plus, je ne lui aï rendu cpie les gants ut le mouchoir.

Je comprends. Voilà l'origine de ce trésor si précieux; et pendant que vous étiez dans votre jour de hardiesse, vous ne lui avez pas dit que vous l'aimiez?

LÉON

J'ai élé bien près, m^ds je n'ai jamais pu; elle était si jolie, sa toilette était si brillante... tout cela intimide, et je ne conçois pas comment on peut venir à bout de faire une déclaration en face à une femme; est-ce que vous avez jamais osé, TOUS, colonel?

GUSTAVE

Allons, allons, c'est une éducation qui est entièrement à faire. Voyez, pourtant, si j'avais terminé mes Hémoires !

Comment ! vos Mémoires?

GUSTAVE

Oui, un ouvrage qui manque à la jeunesse actuelle, un ouvrage de mœurs, où je peins les miennes , c'est-à-dire oii je mets toujours l'exemple à côté du précepte. Il ; a uu siècle que j'ai le plan dans ma tête, mais il faut commencer.

LÉON

Eh bien ! pendaat que vous étiez eu prison?

Oh ! j'y ai bien pensé, j'avais même déjà écrit le titre, (huirsBi la iible.) Vous pouvcz VOIT ; Le Senior de la jeunesse, ou Mémoires d'un colonel de kussards. Mais à chaque instant on est distrait... Eh! parbleu! une superbe occasion qui se présente. Pour combien de temps êtes-vous en prison?

Jusqu'à demain au point du jour.

A merveille! vous resterez la nuit ici; après le souper je fais monter du punch, et nous travaillerons à mes Mémoires; je dicterai, et vous écrirez, c'est le moyen de vous instruire.

LÉON

Mais, colonel...

HÉH0IHE3 D'CN COLOHBL DE HUSSAlUtS.

A» du Taudeville de JadU tl aujourd'hui. Ob! celui-ci... riea que letllre Doit effrayer lei écoliers ; ATant d'enUmer ce chapitre Il tant bieu saToir les premiers.

GUSTAVE, uuTiiDU Autrefois, c'était possible; Mais aujourd'bui ce n'est plus ça^ :

11 est plus d'uD amant «eu si ble Qui débute par celui-là..

(Ou «Dloid loiiDer ud« cloche.) GDSTAVE.

C'est le souper.

C'est ^al , continuons tom'ours; rien que le chapitre IV. Je n'ai pas faim,

GUSTAVE

Oui, mais moi! L'ordre et l'etactitude, je ne connais que cela! et je me ferais uji scrupule de travailler quand le souper a sonné, (on eniend ouirit la •patte.) Permis à vous de nous tenir compagnie, à moins que vous ne préférieB, pai- ce beau clair de lune, vous promener dans mon parc et mes jardins.

Comment! vous avez un jardin?

GUSTAVE

Oui, une terrasse, où il m'est permis de prendre l'air... l'espace de dix pieds carrés.

LÉON, ilUnl i gBuche.

De ce côté?

CDSTAVR.

Non, ce sont d'autres prisons qui communiquent au logement du concierge. Tenez, par ici, après ma chamln'e à coucher, vous prenez un escalier tournant, qui conduit à la

plate-forms que vous voyez d'ici.

C'est bon, je vais y réfléchir; mais vous ne serez pas longtemps, pour que nous puissions reprendre...

GUSTAVE

50 HÉHOIRIS s'nN COLONEL DE HDSSARD3.

notre petit ealon de la nue du Helderl c'est une horreur, une injustice d'y envoyer le plus aimable, le plus joli garçon de l'armée; etpuis enfin, un homme marié... Sij'étais à la place de Gustave, je sais bien ce que je Terais, je demanderais ma retraite, je quitterais le service, et Je ne quitterais plus ma femme. [Écoytiui.] Hein 1 ali ! mon Dieu ! j'ai cru que c'était lui ; non,persoune. Anna, Anna, tenez, vous donnerez cette bourse à midune Doucet, la femme du concierge! Cette bonne Marguerite, mon excellente nourrice! j'étais bien sûre qu'elle me donnerait les moyens de surprendra mon mari. Cette porte dont j'ai seule la clé... c'est charmant, il me croit à quatrevingts lieues de lui. Aussitôt que tout le monde sera endormi; au milieu de l'obscurité, j'ouvre la porte secrète, et comme une fée bienfaisante qui prend pitié de sa solitude, je viens le consoler de l'injustice du sort; et d'abord pour commencer, une musique mystérieuse.

AiB : Celle que j'aime tant.

Qu'une douce barmoiiifl en celle erreur le plonge ! PeuUélre de mon nom cet murs oat relent! ; Il rèTait ï Uathilde, et je loui aujourd'hui Qu'il retrouYB au réicil ce qu'il TOjait en noDge. Ah! ah! j'oubliais cette fenêtre, si elle pouvait me servir! (siie

■'approcbe.) elle donne sur une terrasse ah! comme c'est

triste... 11 y a quelqu'un, un offlcicr; si c'était lui! (siia »'»■ iiuce dtTiutige.) Non; oh ! Gustave est bien mieux, plus grand... Eh mais! comme il me regarde!

Air du Taudeville de rur«nn«.

Voyez doue quelle Impertipcnce !

Il K place encore plus près.

Quoi! des signes d'ioteiligeucel

Eli toaia quoli sont donc ses projetlf

Il eu conterait, j'imagine,

A la femme d'un colonel.

Dd lieultsoaDt!... mais,ju8te ciall

Que devient donc la discipline?

(BUa tort par U pacte Mctèle.)

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