SCÈNE XV
FRANVAL, M. DE SAINT-MARCEL
M. DE SAINT-MARCEL
C'est à monsieur Franval que j'ai l'honneur de parler ? enchanté. Monsieur, de vous trouver à Paris; je ne vous connaissais que de réputation, et d'après les récits de mon vieux camarade, M. de Sainville, qui, dans toutes ses lettres, me parlait de vous et de son fils Edouard.
FRANVAL
Vous êtes un ami de M. de Sainville?
M. DE SAINT-MARCRL.
Son plus ancien et son meilleur ami, M. de Saint-Marcel.
FRANVAL
Conunent, monsieur le comte, vous vous donnez la peine de venir nous voir; c'est moi qui aujourd'hui même voulais vous faire ma visite, pour vous remercier de toutes les bontés dont vous avez comblé mon gendre.
M. DE SAINT-MARCEL
Des bontés!., il me semble que je n'ai encore rien fait pour
198 LE MENTEUR TÉRIDIQUE.
lui; mais c'est sa faute : j'apprends hier par ma femme, madame de Saint-Marcel, qu'il était à Paris : et comment l'a-lelle su ? au bal de l'Opéra.
FRANVAL
Au bal de l'Opéra !
M. DE SAINT-'NARCfiL.
Oui. Sans Edouard^ qui pourtant ne la connaissait pas, la comtesse se trouvait compromise dans la plus sotte afiaire...
FRANVAL
Qu'e$t*ce qi^# vguis dites là? comment! depuis trois mois...
M. PB S^IKT-MARCEL.
Je ne l'ai pas vu une seule fois; et j'ai reçu avant-hler de son père une lettre qui pae paraissait um énigme : il se plaignait de ce que son fils n'avait pas encpre obtenu une recette à Marseille. Que diable ! quand pn veut obtenir, on demande ; moi , je ne pouvais pas deviner, et je ve^aiB ejtprès pour lui faire une querelle.
FRANVAL
Parbleu! j'en ai bien d'autres à lui faire. Gomment ! Jtûnr sieur, Edouard de Sainville ne va pas babituiiilem^nt çhe^ vous?
M. Dp: SAirrr-MARC^L.
Non, Monsieur.
^RANVAL.
Je ne dis pas à Paris, mais à votre petite maison de campagne.
M. DE SAINT-MARCEL
Ma maison do campagne ! je n'en al pas.
FRANVAL
Soitj mais un pied-à-terre à Saint-Ouen, une vue magnifi'* que... une salle de billard.
M. DE SAINT-MARCEL
Je suis très-maladroit, et je n'y joue jamais.
FRANVAL
J'aurais dû m'en douter. Imaginez-vous, Monsieur, un système de mensonges tellement compliqué, tellement combiné, que maintenant je ne peux pas m'y reconnaître. Mals^ vous voilà, vous m'aideres à le confondre; et bien certainement Il n^aura pas ma fille.
M. DE SAIMT^MARCEL.
Y pensez-vous? moi qui me faisais une fête de lui of&ir mon ni^t^nt de noce.