HORTENSE, M. DE MERTEUIL
M. DE MERTEUIL, entrant par le fond, et siÛTant de Toeil Saint-Ttes, qui 8*en Ta parlant toujours d*un ton très-éleré.
Eh! qu'a-t-il donc votre mari?
HORTENSE
Je n'en reviens pas encore. Et comment aurais-je pu soupçonner... Vous voilà, mon oncle... je vous croyais au salon.
M. DE MERTEUIL
Non, j'ai été, après mon déjeuner, faire un tour dans votre parc. Mais qu'avcz-vous donc ? il me semble que pour un jour de noce, vous avez une physionomie bien sombre?
HORTENSE
Ah! ce n'est rien; j'ai éprouvé un instant de contrariété.
M. DE MERTEUIL
De la part de ce mari... si soumis, et si débonnaii^e?
334 LA MAITtlfeSSlS AXS LOGIS.
H0ttTBN9E.
Non, certainement; je n'ai point à m'en plaindre... mais il y a peut-être quelques convenances... que j'aimerais à lui voir observer.
M. DE MERTEriL.
Écoutez donc^ c'est une bonne chose en ménage que d'être sans esprit, mais cela ne tient pas lieu de tout. Heureusement qu'il faut espérer que sa docilité... sa douceur... (on entetid, dans
la salle à cAté, Saint-TYCS qui crie très-baut et très-vivemeiit : ] Ah ! parbleu, nous verrons... si je n'étais pas le maître de recevoir les gens qui me conviennent.
M. DE MERTEUIL
Eh mais ! n'est-ce pas lui que j'enlendsT
HOfiTENSE.
Ah! paon Dieu oui! ils se disputent.
M. DE MERTEUIL
Eh! qui donc?
HORTENSE
Mon mari... et M. Léon... un faux rapport qu'on lui a fait... il s'est imaginé... mon cher oncle, je vous en prie, voyez ce que c'est; apaisez-les par votre présence, et empêchez que cela n'ait des suites.
M. DE MERTEUIL
En effet, quel tapage!... J'y vais... Voyez de quel avantage vous vous privez : un homme d'esprit dans im pareil cas ne
fait jamais de bruit, (il entre dans le salon.)