‹ ThéâtreChapitre 122 sur 251 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

JONATHAS

Tu crois peut-ôtre que je suis encore jobard? pas du tout; maintenant j'ai de l'esprit, j'ai fait fortune, je suis farceur ; on dit même que je suis malin; parmi les négociants du Havre, il y en a peut-être qui font plus d'affaires que moi ; mais il n'y en a pas un qui fasse autant de malices

GABRIEL

Ça vaut bien mieux, (a part.) Pauvre garçon ! Soyez donc fort en thèmes... (Haut.) Et tu es heureux?

J0NATHAS.

Je t'en réponds. J'ai pris ici la maison de commerce de mon oncle, une entreprise magnifique; mais j'étais en procès avec la veuve de son associé; notre fortune en dépend, et quand on plaide, il y en a toujours un qui perd, et quelquefois tous les deux... Ah! ah! celui-là est méchant, n'est-ce pas? Alors, pour arranger tout cela, on a parlé d'un mariage; et c'est aujourd'hui même que la noce a lieu.

GABRIEL

Si tu es aimé, je t'en fais compliment.

JOMATHAS.

Parbleu ! si je suis aimé, tu le verras; car j'espère bien que tu assisteras à mon mariage; toute la ville du Havre y sera. Vrai, ça te fera plaisir^ c'est un beau coup d'œil.

Air : Connaissex mieux le grand Eugène»

J'aurai le suisse avec sa hallebarde.

Les deux adjoints, tous les marins du portp

On dit même qu'une bombarde Doit faire un feu de bâbord et tribord :

Pour le tapage au Havre Ton est fort,

GABRIEL

J'approuverais un tel usage.

Si, de rhymen garantissant la paix. Le bruit qu^on fait avant le mariage

Dispensait d'en avoir après.

Je te remercie de ton invitation; mais tu as des parents, des amis intimes à recevoir, ei je craindrais de te gêner.

JOMATHAS.

Laisse donc, ma maison est très-grande; c'est une des plus jolies maisons de campagne de la côte; je paye douce cents francs de contribution; et puis jeu ai encore une autce ds»\%

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