‹ ThéâtreChapitre 161 sur 251 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

FRÉDÉRIC^ à récart; BONNEMÂIN^ sortant de l'appartenentà gauche. BONNEMAIN.

Ah! j'ai besoin de prendre l'air; la fatigue, le vin de Champagne et le bonheur, tout ça porte à la tête; et puis à table^ nous sommes si serrés! il a fallu faire place à douze convives inconnus, tous parents, sur lesquels on ne comptait pas; on est obligé de manger de côté, je ne vois ma femme que de profil, et je tourne le dos aux trois quarts de la famille.

FRÉDÉRIC

C'est quelqu'un de la noce, prenons des informations.

BONNEMAIN, apercevant Frédéric.

Ah ! mon Dieu! encore un convié du côté de ma femme.

FRÉDÉRIC

n parait, Monsieur, qu'on sort de table?

BONNEUAIN.

Ce n'est pas sans peine; il y a quatre heures que nous y sommes. Le père de la mariée, qui, au dessert, a chante à sa fille une chanson en douze couplets sur l'air ; Femmes, voulezvous éprouver? Et quelle chanson! de la poésie de famille. Dieu! quelle journée! Et madame de Saint-André qui, au premier couplet, s'est mise à pleurer, croyant qu'il n'y en aurait que deux ou trois; mais comme ça se prolongeait indéfiniment et que la position n'était pas tenable, elle a jugé à propos de se trouver mal; et dans ce moment on est occupée la desserrer; c'a été le bouquet, et j'en ai profité pour soiîir un instant.

FRÉDÉRIC

J'étais absent lorsque ce mariage a été arrangé; et comme vous me semblez être au fait, dites-moi un peu quelle espèce d'homme est-ce que le marié?

BONNEMAIN, embarrassé.

Monsieur, c'est un homme qui.... que.... certainement.... enfin, un homme de mérite; et, quant à ses qualités, vous les trouverez dans l'Almanach royal, page 390.

FRÉDÉRIC

Et croyez-vous que la jeune personne ait consenti de son plein gié à cette alliance?

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