‹ ThéâtreChapitre 18 sur 251 · GUSTAVE, AGATHE · texte numérisé non relu

GUSTAVE, AGATHE

AGATHE

Quoi! Monsieur, vous êtes encore au salon? vous nous aviez quittées pour faire de la musique^ et n'entendant puint le piano, je vous croyais sorti.

GUSTAVE

Non, je n'avais pas encore commencé, (a part.) Dieu! que c'est gênant que mon oncle soit là!

AGATHE

Eh bien! voulez-vous que nous essayons ensemble ce dernier duo d'Auber!

GUSTAVE

Si vous l'exigez. Madame, je suis à vos ordres; j'ai tant de choses à vous dire !

AGATHE

A moi? (Gouryille sort du cabinet, et se tient dans le fond de Tappartement, on il entend la conyersation.)

GUSTAVE

Oui, je veux vous parler du sujet qui m'intéresse le plus au monde, et duquel dépend mon bonheur. Vous vous doutez bien. Madame, qu'il s'agit de vous.

AGATHE

Je croyais que vous m'aviez promis tout à l'heure de garder sur ce chapitre-là le silence le plus absolu.

Je vous le demande, est-ce possible? oui. Madame, parlez, exigez des preuves, des sacrifices. Vous prétendez que j'aime le monde; je l'abandonne pour vous^ je renonce à Paris, à

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tous ses plaisirs. Les lieux que vous habitez seront désormais les seuls qui puissent me plaire, vos goûts seront les miens, vos ordres seront ma loi suprême; et, pour prix de ma tendresse, je ne vous demande qu'une chose.

AGATHE

Et c'est?

GUSTAVE

De m'assurer que mot» ^our ne vous est pas indifiérent.

AGATHE

En venté, je Tignorej mais quand je le saurai, je vous promets de vous le dire.

4USTAVE.

En attendant, puis-je espérer que vous ne répondrez pas à la demande de mariage que Ton vous a adressée ce matin?

AGATHE

l'ai déjà répondu^ ma lettre est écrite.

GUSTAVE

- Et vous l'enverrez?

AGATHE, louriant.

Peut-être; ten^z, elle est là-haut, dans mon appartement, sur mon biu'eau; allez la chercher, et nous verrons ce qu'il faut en faire.

GUSTAVE, lui baisant la main.

Ah! que je suis heureux! (ll entre dans Vappartement à droite.)

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