‹ ThéâtreChapitre 243 sur 251 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

M. DE VnXEBLÂNCHE, CATHERINE.

M. DE '¥ILLEBLANCHEj» à part, et regardant sortir Saint-Félix.

On est heureux d'avoir de l'empire sur soi. Grâce à mon sang-froid, il ne se doute de rien. (Haut.) Eh bien! Catherine, tu disais donc?...

CATHERTNE.

Dame, Monsieur, moi, je n'ose plus... vous vous fâchez tout de suite.

M. DE V1LLEBLANCHE, à part.

n n'y a pas de <pioi ! (Haut.) Tu passais donc sous la fenêtre?

^ CATHERINE

Et puis, j'y pense maintenant, ce n'est pas bien à moi de rapporter ce que je sais de ma maîtresse.

M. DE V1LLEBLANCHE.

Devant ce jçune homme, tu as raison; un étourdi, un indiscret; voilà pourquoi je t'ai imposé silence. Mais moi, c est bien différent. Tu es bien jsûre qu'elle était enfermée?

CATHERINE

A double tour.

M. DE VILLEBLANCHE, hésitant.

Et s'enferme-t-elle souvent ainsi?

CATHERINE

Depuis hier, elle ne fait que cela.

M. DE VILLEBLAVCHE, à part.

C'est consolant. (Hau|.) Et as-tu aperçu la pei'sonne?

CATHERINE

Non, la fenêtre est si haute; et puis je n'osais pas regarder. Mais j'entendais Madame qui parlait vivement et tout bas, comme si elle faisait des reproches à quelqu'un^

M. DE VUJLEBLANCHB'

Des reproches?

CATHERINE

Oui; il paraît que le monsieur sentait qu'il avait tort, car il ne répondait rien.

M. DE VUJLEBLANCHE.

Enfin?..

CATHIrBINE.

Enlhî, Monsieur, il y avait des mots que j'entendais, et d'aures que je n'entendais pas; mais tout à coup Madame s'est

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levée avec humeur, en lui disant : <c Autrefois , tu étais plus fidèle; tu me trompes, j'en suis sûre. »

M. DE VILLEBLANCHE

Tu me trompes! (a part.) C'est un homme, c'est clair.

CATHERINE

l'aurais bien voulu en entendre davantage; mais Madame s'est approchée de la croisée, j'ai eu peiu* d'être surprise, et je me suis sauvée.

M. dE VHtEBLANCËE, très-agtté, et se pMiMBtal*

n n'y a plus de doute, je suis trahi, sacrifié; c'est pour cela qu'elle a quitté Paris tk mon insu.

M^ : Tenez, moi Je suis un bon fuilMM. ' Après seize ans d'amour sincère, M'ef iler malgré mes serments.

CAtfiERiHE.

/ C'est comtti' si l'on ctiassait mon pèi^e

Qu'est Jardinier d'puis 1' mèroe temps.

Mv DE VILLEBLANCHE.

Après selse ans, est^-il possible!

GATHERtlNË.

Ah ! ça fait mal rien qu* d'y penser.

Et puis. Monsieur, le plus terrtt>le»

C'est qu'on n* trouv' plus à se plao«r.

M. DB VILLEBLANCHE

Mais cela ne se passera pas ainsi, je saurai quel est ce ri^ai.

CATHERINE, reg^ardant à trarefs la serrare.

Si vous voulez je vais m'exposer à une gronde. Il me sentie qu'on vient d'ouvrir la première porte; je vais faire comme si Madame m'appelait. 11 ne peut pas se sauver par la fenêtre, et

alors nous verrons hien. (Slle s approche de la porte.) M. DE VILLEBLANCHE.

Du tout, l'appartement d'une femme est sacré, même pour un mari; à plus forte raison...

CATHERINE, prêtant Toreille du o6té de la eliambre de madame de Marcilly.

Ah! Monsieur!

H. DE VILLEBLANCHE

Quoi donc?

CATHERINE

. On parle encore; ce serait le bon moment.

M. DE VILLEBLANCHE, ayeo cilriosité.

N'importe; je te le défends. *

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ÉAïHCRINB, 8*tpprocbant de U pdltiB

On a prononcé votre nom.

M. DB VILLEBUNCHE^ hOft de lui.»

Mon nom! (Ului fait signe d*entrerTité; Catherine toorne le boiitôn et entre dans Tappartement de madame de Marcilly.) Eh bien ! eh bien !

qu'est-ce qu'elle fait donc? quand je lui défends expressément... Ces domestiques sont d'une impertinence!... Se permettre ainsi de... Pourvu qu^elle ait le temps de bien voir.

CATHERINE^ revenant.

Je n'y conçois rien. Elle n'a pas été trop en colère; mais je n'ai vu personne.

■. OB VtlLBBLANCËB.

Petite sottel elle est capable d'avoir regaiM à droite> s'il était à gauche.

CATHERINE

J'ai regardé partout^ et je n'ai rien vu.

M. DB VILLEBLÂNCHII.

C'est bienfait; ta curiosité méritait cela.

GATUERIRE.

Faut qu'il se soit caché tout de suitey et qu'elld ne sache comment le faire évader; car Madame veut rester seule ici. Elle m'a ordonné de descendre^ et de ne laisser monter personne.

H. DE VltLEBLÂNCHE.

Elle veut rester seule?

CATHERINE

Dites donc^ Monsieur, si on se cachait aussi pour voir?

H. DB VILLBBLANCHE.

Fi donc! abuser ainsi... Je veux lui parler, m'expliquer avec elle. Allez; et ne laissez monter personne, comme Ma^ dame vous Ta dit.

CATHERINE

Oui, Monsieur, (a pan, et regardant la porte à droite.) Je SCraiS

pourtant curieuse de savoir par où le jeune homme se sauvera. Je vais retourner sous la fenêtre. (EUe sort.)

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