‹ ThéâtreChapitre 58 sur 251 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

SCIPfON.

Nous sommes bien sensibles à votre yisite.

DUCROS^ riant, et tirant sa qaittaRM de sa poebe.

fih! eh! c'est une visite de deux cents francs.

SCIPION

Diable ! je ne fais pas encore payer les miennes aussi cher, et c'est poor cela, mon cher propriétaire , que si vous pouvez nous accorder quelques jours.

AUGUSTE

Nous attendons des> rentrées certaines.

DUCROS

fen suis désolé; mais il faudra que je me mette en règle. scrpioN.

Allons donc, vous, monsieur Ducros, un riche propriétaire, un gros marchand bonnetier, vous ne voudriez pas poui* deux cents francs vous fâcher avec nous.

DUCKOS, gaioiveot.

0u tout, mes amis, du tout, je ne me fauche pas, moi ; d'abord, je suis bon enfant; je suis connu pour cela dans le quartier. Je vous ferai saisir ; mais d'amitié.

AUGUSTE

Gomment* morbleu !

sciPion.

Daignez nous écouter ! si , sans vous donner d'argent, on s'entendait avec vous. Par exemple, en cas de maladie, je vou% promets de vous faire deux visites par jour, et gratis.

DUCROS

Je ne donne pas là-dedans; moi d'abord, je ne suis jamais malade, par économie.

Notre ami Victor vous fera le portrait de votre femme.

DUCftOS.

Madame Ducros! on la voit déjà à son comptoir/ c'est bien assez! Ah! bien, oui, faire le portrait d'une marchande de bas!

AUGUSTE

On vous la peindra en pied.

DUCROS

Je n'en veux pas.

SCU»ION.

Ce sera parlant*

DUCROS

Raison de plus; de l'argent, de l'argent.

AUGUSTE, le menaçant.

Eh bien! puisqu'il n'y a pas moyen de lui faire entendre raison...

CAMILLE y le retenant et passant entre loi et Ducros.

Auguste, y pensez-vous? (a Ducros.) Eh quoi! Monsieur, vous qui aviez Tair si bon et si humain, vous ne voulez point nous accorder le moindre délai, vous voulez nous renvoyer.

DUCROS

Vous renvoyer! non pas.

CAMOLB.

Vous voulez que nous vous quittions.

DUCROS

Me quitter! (a part.) Au fait, ce n'est pas là ce que je veux, et j'allais prendre un mauvais moyen. (Haut.) Ëcoutez-moi, mon enfant; car je ne peux rien refuser à une jolie fenune. Ces messie\jurs parlaient tout à Theure de tableaux; et dans un moment où tous mes confrères les bonnetiers donnent dans le luxe des enseignes, je ne serais pas fâché de m'élever à la hauteur du siècle, et si je trouvais pour mon magasin de bonneterie...

scinoN

Quoi, vi'di^ent! vous voudriez une enseigne? parlez, commandez.

DUCROS

Oui, mais toutes celles que j'ai marchandées sont hors de prix, siurtout depuis que les grands maîtres s'en mêlent. Je voudrais, voyez-vous, un petit chef-d'œuvre à bon compte; qu'il y eût de la fraîcheur, de l'éclat, de la grâce, un peu de génie;et quarante-deux pouces de large, sur cinquante de hauteur; c'est l'emplacement.

SCIPION

Je comprends. Eh bien! tenez, tenez, ce tableau qui est là sur le chevalet. *

CAMILLE

Quoi! vous voudriez?...

SClPlON.

Laisse donc. (▲ Dueroa.) Hein ! qu'en dites-vous?

Page 1