‹ ThéâtreChapitre 69 sur 251 · VICTOR, FRANVAL, AUGUSTE · texte numérisé non relu

VICTOR, FRANVAL, AUGUSTE

M. FRAIIYAL, se lerant et le regardant sortir.

Voyez-vous, le gaillard , je me reconnais là. Voilà comme j'étais pour ma première maladie un peu importante , j'au rais franchi les escaliers; et il faut ça, parce qu'un malade je dis un bon malade, ça ne se retrouve pas tous les jours.

(U passe près de Victor et regarde son tableau.) AUGUSTE.

Oui, il faut souvent se dépêcher.

CAMILLE, sortant de la porte à droite, bas, à Auguste.

Je suis d'une inquiétude ; je viens de parler à Ducros; il ne veut rien entendre; et si on ne lui donne le tableau , il va faire saisir.

AUGUSTE, de même.

Ah! mon Dieu! comme ça va arriver; juste au milieu du dîner. (Haut àPranval, en riant.) Eh bien! VOUS dites donc?

M. FRANVAL, qui, pendant ce temps, a toujours eu Tair de causer avec Victor.

Je disais que j'ai fait mon chemin, et que vous ferez le vôtre, parce que quand on a de l'ordre, de l'économie, et qu'on n'a pas de dettes...

AUGUSTE, à part.

Ça se trouve bien.

M. FRANVAL

Surtout quand on a de la conduite et des mœurs. (Aperce-

irant Camille qui a passé entre lui et Victor.) Quelle est CCttC jeuue fiUc? AUGUSTE.

C'est elle qui préside notre petit ménage.

M. FRANVAL

Quoi! vous avez une gouvernante de cet âge! moi qui en ai renvoyé une de cinquante-cinq ans, parce que cela faisait jaser.

VICTOR

Non, Camille n'est pas ce que vous croyez; elle est chez elle.

M. FRANVAL, s'inclinant.

Ce serait madame votre épouse! combien je suis désolé! aussi je me disais : il est impossible que des jeunes gens aussi sages, aussi rangés...

Vous ne vous trompiez pas. Monsieur; nous sommes dignes

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de votre estime; et cependant , il faut vous ravotter^ Camille...

M. FRANYAL.

Âcheyes.

CAMILLE

Est mie jeune orpheline, élevée par eux, et qui ne connaît 8ur la terre d'autres parents, ni d'autres amis.

M. FBANVAL.

Qu'entends-je , mes amis! quoi! vous pouvez rester ainsi?

CAMILLE

Et qui peut s'en offenser , qui peut blâmer mon amitié , ma reconnaissance? ne sont-ce pas mes frères, mon unique famille?

M. FRANVAL

D'accord, mon enfant. Mais songez donc que le monde...

CAMILLE

Ce monde dont vous me parlez s'est-il jamais occupé de m'aurait-il secourue? m'am*ait-il protégée?

M. FRANVAL

Air : Le choix que fait tout le village.

Mes chers enfants, loin d'être rigoriste.

J'ai pour devise, indulgence et bonté; C'est malgré moi qu'ici je vous attriste ; Mais je vous dois d'abord la vérité : L'opinion est un juge suprême Dont les arrêts veulent être écoutés :

Et les premiers, respectez-la vous-même^ Si vous voulez en être respectés.

VICTOR

Oui, Camille, Monsieur a raison, ou du moins il n'est qu'un seul moyen de ne pas nous séparer. (Avec émotion.) Auguste et Scipion vous aiment tous deux, et veulent vous prendie pour fenmie.

CAMILLE, à paru

Que dit-il? lui, Victor? (on sonne.)

AUGUSTE

Ah ! mon Dieu! c'est Ducros.

M. FRANVAL

Encore un convive?

AUGUSTE

Ah! c'est Scipion.

102 LA MANSÀTllï)E DBS ÀUTïSTBS.

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