I.E DOMESTIQUE
Monsieur^ il y a là un homoiâ en uoir, un homme de loi, qui demande à parler sur-lerchamp à M. Philippon, pour une affaire importante.
PHIL1PP0N
Juste au moment où j'allais me lancer; répondi^-lui quB je ne peux pas.
LE DOMESTIQUE
Ce monsieur dit que ça regarde M. Léon.
PHim»PON.
Mon pupille! j'y vais, je te suis, mon ami. Mesdemoiselles, vous voulez bien me permettre?... D'ailleurs, raadanne de Sainville a quelque chose à vous dirç au sujet de Léon. (Bas. à madame de sainTiiie.) Vous le voycz, j'ai préparé Cela adioitemont, c'est à vous de continuer; je remet§ nos intérêts entre vosmsdns. (u sort.)
3CÈNE VIIL URSULE, JUUETTB, MALVJJW^
JULIETTE
Eh! mon Dieu! que veut-il dire?
URSULE
Rien ; vous le connaissez, il est toujours occupé de Léon ; et il me demandait tout à l'heure ce que vou$ en peubicz.
JULIETTE
Léon? il est gentil, n'est-ce pas, Malvina?
MALVIIfA.
Oh! oui!
JULIETTE
Nous avons été presque élevés ensemble; et c'est un aimable jeune homme, très-doux et très-complaisant.
MALVmA.
Et qui nous fait toujours daniiir quand nous n'avons pas de cavalier.
JULIETTE
Et puis il a de l'esprit, des connaissances; n'est-ce pas, Madame?
URSULE^ affecta ut riasouelance.
Vous trouve»? c'est singulier! Je ne sais pas, moi, je ^^ l'aimerais pas beaucoup ; mais on ne peut pas disputer de., goû'>
JULIETTE
Permetteiy Je n? dis pas du tout aue ce soit un phdnis.
MALVINA
Ni moi non plus.
URSULE
A la bonne beure; car yous^ Mesdemoiselles, qui d'ordinaire avez tant de jugement...
JULIETTE
D'abord^ son éducation a été très-nëgligéC; il ne sait pas ime note de musique.
MALYINA.
Et n'a jamais dansé par principes.
JULIETTE
Souvent même il vous marche sur les pieds.
URSULE^ riant.
Je dois convenir en effet que sa danse n'est pas très-romantique; (Sérieusement.) et puis, ce n'cst pas pour en dire du mal, car ce n'est pas sa faute, mais enfin il n'a aucune fortune.
MALVINA
C'est vrai; je ne pensais pas à cela; et puisqu'il est question de lui, j'ai envie de vous faire une confidence et de vpns demander un conseil.
Eh! mon Dieu! qu'est-ce donc?
MALVINA
Apprenez, comme je suis i'ainée, que mon père m'a dit tout à l'heure de bien examiner si j'aimais M. L^n, paixe que si je n'en veux pas pour mari, on le donnera à raa sœur,
' JULIETTE
Eh bien! voilà qui est aimable. Je vous préviens, ma chère, que vous pouvez le garder : je n'en veux pas.
MALVINA
Eh bien! Mademoiselle, ni moi non pliis. D'ailleurs, je crois que M. Auguste, un jeune notaire , me fait la cour, et qu'il a des intentions.
JULIETTE
Raison de plus; bi lua aœux fait uu beau mana|;e| &i eUtt
{^ LA HAINE d'une PBMMB.
ifpouse M. Âugusle, qui a de la fortune, à coup sûr, jen'épou- ^rai pas M. Léon, qui n'a rien : ça serait déchoir. Air de VÉeu de Hx franei.
Ma sœur aurait on équipage
Et brillerait par ses atours ;
Loin de souflHr ud tel partage.
Au célibat Youant mes jours.
J'aimerais mieux que, pour tovgonrs.
Chacune de nous restât fille.
MALVINA, effrayée.
Quoi I rester filles toutes deux
JULIETTE
Oui, vraiment... si c'est ennuyeux.
Du moins on s'ennuie en famille.
Je mVn rapporte à Madame.
MALYINA.
Et aoi aussi.
URSDLE.
Dés qu'il s'agit d'un sujet aussi important, je n'ai point de coErJcils à vous donner.
JULIETTE
C'est égal, je suis sûre que vous êtes de mon avis, car je mû rappelle la manière dont vous me parliez de M. Léon.
MALVINA
Eh ! mon Dieu! ma sœur, je l'aperçois dans la gi :inde allée; il vient de ce côté : je ne veux pas qu'il me voie.
URSULE
Ni moi non plus. Faites comme vous Fentendrez; je n'y suis
pour rien, (aialvina sort par le fond, et Ursule par la porte à gauche.)