SCÈNE XIII
URSULE, seule.
C'est une chose inconcevable! et Ton ne s'imagine pas à quel point les jeunes personnes sont inconséquentes! Vous verrez ce dont elle sera cause. Pour dimuadar M. Léon, je vais être obligée de lui dire moi-même que je ne le hais pas; et avouer à un jeune homme qu'on ne le hait pas, je vous demande ce que cela signifie? Autant lui dire : Monsieur^ je vous... Et pour me justifier d'une fausseté, je vais peut-être commettre un mensonge; car vraiment je n'en suis pas sûre.., Et s'il abusait d'un pareil aveu? s'il en réclamait le prix? L'a-t-il mérité? n'a-t-Û pas lui-même bien des torts ? M'aimer depuis si longtemps, sans en rien dire, et aller le confier à cette petite fille! Me compromettre ainsi! c'est impardonnable!... Mais lui laisser croire que je le hais! que j'ai voulu lui nuire! ah! ie n'en ai pas le courage! et quoi qu'il m'en coûte... Le voici; attons, faisons-lui cet aveu.
8CÉNE XIV.
URSULE, LÉON, entrant par le fond.
LÉON
Je viens. Madame, vous faire mes adieux.
URSULE
Quoi! vous partez? ^.
133 Ik HÀTNB D^tJNE FEMHE.
LÉON
Mon tuteur m'emmène à l'instant même à Paris pour nue affaire importante. Je voulais m'éloigner sans tous revoir, mais je vous ai entendu accuser d'une trahison à laquelle je ne puis ajouter foi, surtout après la manière dont vous m'avez accueilli ce matin; et je viens vous demander à vousmême de démentir de pareiUes calomnies.
URSULE
Quelles sont-elles?
LÉON
Je n'ignore pas combien je vous suis indiflérent; depuis longtemps je n'ai plus de di^oits à votre amitié; mais en quoi aurais-je mérité votre haine?
URSULE; à part
Nous y voilà.
LEON
Est-il vrai que vous avez fait rompre un mariage qu'à mon insu on projetait pour moi?
URSULE
Oui, Monsieur.
LÉON
Quoi! vous ne le niez pas?
URSULE
Lëon« je vous ai dit la vérité; mais vous ne pouvez connaître les motifs qui me faisaient agir.
LÉON
Parlez.
URSULE
Plus tard je vous les dirais je vous le promets^ ce soir, demain; en attendant 9 ne partez pas, restez encore > je vous en prie.