‹ ThéâtreChapitre 111 sur 449 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

MET-A-MORT, CROUSTILLAC, iïabord endormi sur Varbre. met-a-mort, entrant par la droite.

Ah! il n'y a rien de changé depuis mon départ du bouean... bon, seulement j'avais oublié de mettre cuire des ignames. (Il aperçoit un chat-tigre mort.) Tiens, un chat-tigre éventré! eucore un! un troisième! et tous sous cet arbre! Qui diable est venu faire la chasse ici, cette nuit? Ils se sont peut-être fait la guerre! Non, il ept percé comme avec une épée... C'est assez drôle, ma foi. [Courant au marcassin.) Bien... voilà le marcassin qui se dérange et la sauce a manqué renverser, attachonslui les pattes avec des lianes pour qu'il puisse boucaner bien à sonaisp... et ranimons le feu. (La fumée du rôti commence à monter dans Varbre.)

CROUSTILLAC, s'asseyant sur une branche et se délirant.

Eh donc ! je n'ai pas trop mal dormi ! sans mot combat contre ces bêtes féroces, la fin de ma nuit aurait été bonne... Où diable suis-je? je n'apperçois que des arbres et des roches... Il faudra bien cependant que je trouve ce palais d'Armide... Mais qu'est ceci?... On dirait qu'il fume dans cete forêt... Oh ! oh ! la fumée se parfume d'une appétissante odeur de rôtisserie.... (Se penchant et voyant Met-o.-3Iort au pied de l arbre, j Eli mordious, je le crois bien ! c'est ce maraud qui, là en bas, fait cuire... Que diable! fait-il cuire la? Est-ce encore une cuisine de singes et de perroquets ? eh ! l'ami !

met-a-mort, levant la tête vivement.

Hein ! qui me parle ?

CROUSTILLAC

Moi! mordious! là-haut : au premier au dessus de' l'entresol, à la fenêtre à votre main gauche en montant vers le ciel.

MET -A -MORT

Tiens! qu'est-ce que vous faites donc là... vous? Eh ! l'homme.

CROUSTILLAC

Que? je suis chez moi, et je sors de mon lit... comme vous voyez.

MET-A-MORT

Vous avez passé la nuit sur cet arbre?

CROUSTILLAC

Oui, mon brave! mais, je vous prie, dites-moi, ou diable je suis?

MET A-MORT

Vous êtes sur un arbre.

croustillac, à part.

Quelle brute! (Haut.) Je vais descendre de chez moi. (Il descend.) Eh donc ! vous me paraissez avoir l'appétit bien matinal, mon brave... votre nom?

MET A-MORT

Met-à-mort !

croustillac.

Vous dites?

met-a-mort.

Met-a-mort !

CROUSTILLAC

C'est le nom de madame votre mère ?

MET-A-MORT

C'est mon surnom de boucanier.

CROUSTILLAC

Ah! vous êtes boucanier ; que diable faites vous là?

MET- A-MORT

Vous le voyez bien, je plume un ramier.

CROUSTILLAC

Ehbiendonc, vous le jetez?

met-a-mort, qui a mis le ramier dans le marcassin. Dans la marmite.

CROUSTILLAC

Dans votre cuisine, on peut manger la marmite.

MET-A-MORT

Comme vous dites, et c'est le meilleur.

CROUSTILLAC

Ce marcassin vous a un fumet... en refuserez-vous une tranche à un gentilhomme affamé ?

met-a-mort, en passant.

Oui!

CROUSTILLAC

Et pourquoi? mordioux !

MET-A-MORT

Parce que ce marcassin nVst pas à moi.

CROUSTILLAC

A qui donc est-il?

MET-A-MORT

A mon maître.

CROUSTILLAC

Et ton maître, comment s'appelle-t-il, où est-il?

MET-A-MORT

Il s'appelle Arrache-l'àme, et le voila. (Il montre Arrache-l'àme qui vient de descendre le sentier à gauche.)

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