ACTE I, TABLEAU I
police aurait pu vous apprendre depuis longtemps... Oui, Trianon est chansonné... Et l'on ne vous épargne pas. la reine , ramenant vivement Louis.
Et on ne les a pas châtiés?
LOUIS
Qui?
LA REINE
Les misérables qui vous insultent en m'insultant...
LOUIS
Madame, toute ma puissance n'y suffirait pas... Souvenez-vous qu'une reine est condamnée à vivre au grand jour, et que lorsqu'elle est jeune et belle on ne veut pas croire à une retraite innocente ni à d'innocentes distractions!...
LA REINE
C'est bien... Il faut donc leur céder! (Haut.) Messieurs, nous ne reviendrons plus à Trianon... je vous l'annonce. tous, avec surprise.
Ah!
LA REINE
Non, messieurs, non, il n'est pas permis à la reine de France de vivre un peu, quelques instants, pour elle-même et pour ses
amis Nous allons retourner à Versailles {A Louis, avec
amertume ) Pensez-vous qu'on nous autorise à y rester encore, à Versailles? Ce séjour-la ne deviendra-t-il pas suspect, lui aussi? louis, avec humeur.
Je n'en sais rien.
la reine, bas à Cléry.
Cléry, ne cherchez plus a me défendre désormais, vous auriez affaireà trop d'ennemis, à ce qu'il paraît. [A Mme de Polignac.) Venez, mon amie.
de lauzun, bas à la Reine.
C'est de la tyrannie qu'on vous fait subir, madame.
la reine, de même.
Monsieur le duc, une reine ne doit pas se plaindre... (Haut.) Suivez-moi, Cléry... (Elle rentre avec Mme de Polignac, Cléry et Louise.)
louis, qui était pensif, à part.
Il y aura encore des reproches, des récriminations!... (Haut aux Gardes.) Messieurs, vous direz à la reine que je suis parti, qu'on m'attendait à Versailles... Je vous salue, messieurs. (Il sort. Les Gardes le suivent. Se retournant.) Merci! merci!...
de lauzun, riant.
Eh! eh!... Mariez-vous donc! (A Barnave.) Qu'en dites-vous, monsieur ?
Je dis, monsieur le duc, qu'au temps où nous vivons, c'est un pénible métier que le métier de roi!... (Ils se saluera. — Le rideau tombe.)