ACTE II, TABLEAU IL M
tant à une fenêtre et rouvrant.) Eh bien ! approchez, écoutez !... Entendez-vous au loin, ces miliers de voix qui n'en font qu'une, une voix pareille à celle de l'Océan qui monte?... c'est le peuple! {Quittant la fenêtre.) Et maintenant que je vous ai annoncé l'orage, je vais, moi que vous appelez tous l'ennemi de la royauté, défendre la royauté devant ce peuple qui ne vous connaît pas, vous, monsieur de Molleville. Je vais me placer, pour y mourir s'il le faut, à la porte de ce palais !... et, si je ne dois plus vous revoir, je vous laisse pour adieux ces paroles qui valent aujourd'hui qu'on y prenne garde : Il est temps de compter avec la nation !... (Il salue et sort.)
DE LAUZUN
Pardieu!... je lui en veux moins !... il a de la verdeur... Eh bien, messieurs, s'il faut se battre, cela fera avec le bal deux récréations dans la soirée!... (Aux Gardes.) Allons, messieurs, à notre poste !... (Le bruit et les clameurs se rapprochent. — La Reine, au milieu du théâtre, attend avec une attitude de fermeté. — Le Roi, devant qui M. de Molleville veut se placer, écarte celui-ci en s' avançant.)
LOUIS
Laissez, monsieur de Molleville ; les ministres ne sont plus responsables quand le souverain est attaqué en personne!... (M. de Lauzun et les Gardes défendent les entrées. Malgré la résistance, le Peuple envahit le salon. Lauzun, son sabre à la main, se pose devant le Roi, M. de Valoru devant la Reine. Mme Elisabeth entre.)