‹ ThéâtreChapitre 186 sur 449 · LE COCHER · texte numérisé non relu

LE COCHER

Adieu ! [Des passants, des Gardes nationaux et des Militaires entrent et sortent par la grille du Carrousel. Le Factionnaire parle a tous ceux qui passent et les reconnaît avant de les laisser circuler.)

DE VALORY

Pourvu que ce factionnaire ne les empêche pas de passer I

DE LAUZUN

Oh! oh! c'est un garde national... ça a i'air de l'ennuyer assez, et il ne met pas grande importance à tout cela. un monsieur et uxe dame, venant de la rue de V Echelle, s'approchent de Lauzun.

LE MONSIEUR

Cocher, es-tu loué ?...

de lauzun.

Et toi?...

LE MONSIEUR

Moi... moi...

DE LAUZUN

Eh bien, moi, je le suis.

LE MONSIEUR

Par qui?

DE LAUZUN

Est-ce que je leur ai demandé leur passe-port?...

le monsieur, à la Dame.

Allons nous-en, le cocher est un insolent!

DE LAUZUN

Et toi un aristocrate. Prends garde à la lanterne \...{A Falory.) Si celui-là a reconnu le duc de Lauzun, nous aurons bien du malheur! [On voit sortir de la grille une femme et deux enfants qu'elle tient par la main.)

LE FACTIONNAIRE

Où allez-vous, ma bonne femme?

Mme DE TOURZEL, émue.

Mon Dieu, monsieur le garde national, je suis employée à la lingerie... j'ai travaillé depuis le matin jusqu'à minuit, et je retourne chez moi avec mes enfants qui tombent de sommeil...

LE FACTIONNAIRE

Eh bien, passez... Est-iL permis, pour tous ces fainéants qui dorment là-dedans, qu'on fasse travailler ainsi une pauvre femme!

5k LOUIS XVI ET MÀRlE-ÀVroiNETTE.

de lauzun, à Valory.

Madame deTournel!... n'allez pas au devant. Elle sait (jti'elle doit faire le tour de la voiture... pour entrer par l'autre portière : allez l'ouvrir, allez!... (Lauzun se promène en fredonnant un air patriotique. Louis , Mme Elisabeth, précédés de Clery. sot aussi du guichet.)

LE FACTIONNAIRE

On ne passe pas!... {Mouvement de Lauzun qui cesse de fredonner.)

CLÉRY

Oh ! mon Dieu, allez, nous passons tous les soirs... ! -•mines delà maison... Nous avons fini notre ouvreg- . No allons prenii" quelque chose au petit café voisin et nous i ntrons bien vite...

LE FACTIONNAIRE

Ne sovez pas longs, parce qu'on va bientôt fermer bs çrrilles.. (Le R>( et Mme Elisabeth font le même mouvement que 3/me de Tourzel. Cléry se promène prudemment en attendant la Reine. Celle-ci, ayant Je chapeau couvert d'un voile, se glisse furtivement entre le factionnaire et lerguichet. Au même moment, on voit arriver, par la rue de l'Echelle, des soldats portant des flambeaux, et précédant le commandant général de la garde nationale.La Reine, effrayée, se cache derrière un coin de mur. A Vinstant où le Commandant va pote» le guichet, Gourion en sort.)

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