‹ ThéâtreChapitre 195 sur 449 · SCENE VII LOUIS, LA REINE, Mme ELISABETH, rentrant · texte numérisé non relu

SCENE VII LOUIS, LA REINE, Mme ELISABETH, rentrant

LOUIS

Elisabeth, pardonnez-moi toutes ces épreuves, vous qui méritiez si bien de rester à l'abri de nos misères...

Mme ÉLISABEVH.

Mon frère, je voudrais plus encore que de souffrir avec vous ; je voudrais prendre pour moi toutes vos souffrances.

LOUIS

Ainsi, il suffit d'un obstacle imprévu, du plus léger incident pour détruire le plan le mieux calculé, pour livrer aux coups du hasard les destinées d'une famille souveraine !

la reine, après avoir regardé au dehors.

Je ne vois pas sur cette place un seul des soldats avec lesquels monsieur de Damas, envoyé par monsieur de Bouille, nous attendait a Varennes... {A Louis.) Ce matin, cependant, ils étaient près de notre voiture, attendant vos ordres pour disperser cette foule qui nous entourait et encombrait le passage...

ELISABETH

C'était de la prudence de n'en pas donner, car une lutte pouvait devenir sanglante...

LOUIS

Écoutez-moi, Antoinette... Notre autorité est déchue : nous ne pourrons la ressaisir que lorsque nous serons entourés d'une armée fidèle et dévouée... J'espère alors prouver que le roi constitutionnel est encore un pouvoir dans l'état... Jusque-là, résignons-nous... Toute lutte serait un danger pour nous et pour nos fidèles amis, qu'il faut épargner aussi...

LA REINE

Oui, mais il est des circonstances où la résolution nous sauve. Ce matin, il fallait passer...

LOUIS

Antoinette, pas de récriminations... nous ne sommes plus à Versailles... Il n'y a plus ici qu'un père et une mère dont le cœur est plein d'inquiétude... Allons embrasser nos enfants.

62 LOUIS XVI ET flARIE-AYlOi NETTE.

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