‹ ThéâtreChapitre 197 sur 449 · ACTE III, TABLEAU V · texte numérisé non relu

ACTE III, TABLEAU V

léonard, entrant.

Notre ville de Varennes est agitée comme rOcéan à Dunkerque. (Il s'essuie le front.)

louis, à Léonard.

Eh bien, monsieur, qu'y a-|-il de nouveau?

LÉONARD

Tout va bien, sire; tout va parfaitement. (Mouvement de joie de la part de Louis et de la Reine.)

LOUIS

Ainsi, nous pouvons continuer notre route!...

LÉONARD

Certainement ; vos majestés seront prochainement libres d'effectuer leur sortie des murs de la fidèle ville de Varennes.

LA REiNE

Alors, vous nous apportez le permis de la commune puni trçs • hi v ii\ de 09te?...

LÉONARD

Le permis, madami là reine, si j'en étais chargé et responsable. )1 serait entre des mains loyales et pures, j'ose l'affirmer. louis, avec impatience.

Mais où donc est-il?

LÉONARD

Nulle part, sire; par une raison majeure, c'est que la commune n'en a pas délivre.

de lauzux. à part.

Que la peste t'étouffe, droguiste de malheur!...

louis, à Léonard.

Mais, monsieur, teui a l'heure vous donniez à entendre que nous pourrions cominèr notre voyage!.,.

LÉONARD

Certainement, certainement, et je vous prie de ne pas en douter.

LOUIS et LA REINE.

Eh bien?...

LÉONARD

Eh bien, la commune dit qu'on ne saurait apporter trop de circonspection relativement aux circonstances... Bref, ladite commune a déclaie, sin- la proposition de Barthélémy Tricote!, c-msin issu de germain de madame Léonard, que Leurs Majestés seraient libres de continuer leur voyage après qu'il en aurait été référé à l'Assemblée nationale.

la reine, réprinuini sa colère.

C'esl bien là ce qu'on a décide, monsieur?

6i LOUIS XVI ET MARIE-ANTOINETTE.

Pas un iota de plus ni de moins.

LOUIS

Mais c'est nous obliger a attendre !...

LÉONARD

Trois jours tout au plus, sire, trois jours!...

la reine, bas à Louis.

11 n'y a donc plus d'espoir ?

louis, de même.

Aii ! si monsieur de Bouille pouvait arriver!... (Haut à Léonard.) Mais cette délibération ne vous lie pas, monsieur... vous avez le droit de passer outre.

LÉONARD

Sire, je possède, je l'avoue, une position omnipotente •. mais je dois ménager la susceptibilité de mes collègues. Si ce papiernouvelles, publié dans la ville de Yarennes, pouvait charmer les loisirs de votre majesté, je le lui offrirais volontiers. (Il remet un journal à Louis, gui le pose près de lui. — Il semble le lire tout en écoutant la scène qui a lieu entre la Reine et Mme Léonard. Léonard va au fond avec Lauzun, et, de temps en temps, salue avec importance des gens qui sont au dehors. — On entend de nouveaux cris.)

LA REINE, à LouiS.

Si cette femme avait quelque puissance sur son mari... (A part.) Je suis donc réduite à implorer la pitié!... Allons!... [Haut, à Mme Léonard.) Madame, vous entendez ces cris?.,, je ne sais, mais ils ressemblent à des menaces.

Mme LÉONARD.

Oh ! madame la reine , je ne sais pas ce qui se passe, mais on

vous respectera.

Pourtant, vous voyez qu'on met des obstacles à notre voyage.

Mme LÉONARD.

Mais, il faut de la patience , puisque monsieur Léonard vous dit que vous pourrez partir dans deux ou trois jours.

LA REINE

Il sera trop tard, madame : obtenez de votre mari qu'il lève les difficultés... Il le peut, faites qu'il le veuille!

Mme LÉONARD.

Ah ! madame la reine, s'il le voulait et que ça dût le compromettre, je serais la première à l'en empêcher.

LA REINE

Vous voyez, la reine de France vous supplie...

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