‹ ThéâtreChapitre 20 sur 449 · ACTE I, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE V

FRINLAIR.

Êtes-vous de marbre, êtes- vous de carton-pierre ? ou bien estce une surprise, une surprise agréable que vous nous gardez pour le dessert?

HENRI

Cette jeune fille est triste s;ms doute parce qu'elle est au milieu de vos folies, masquée parce que vous êies découverts, (Se levant.) vous, l'homme-cheval, (On rit.) vous, Lourdois, gros Silène, (Même jeu.) vous, Loiseau, avec vos yeux de satyre, (Idem.) vous, Gripart, avec vos mains de râteau; parce qu'elle nous voit tous entin tels que nous sommes, et quelle a peur de nous.

frinlair, se levant.

Oh ! nous la dresserons bien. Quand on a élevé miss Annetle, le rétif ne fait pas peur. (À Marie qui est, restée masquée.) Voyons ce pied... et ce cou... et cette tête... (// lui enlève son masque.) La vue n'en coûte rien.

marie, stupéfaite.

0 mon Dieu ! où suis-je ? (Elle se lève et se cache la tête dans ses mains.)

henri, à part.

Pauvre fille !

FRINLAIR.

C'est pur sang!... parole d'honneur!... C'est beau, c'est fin, c'est neuf, comme Suava, une vraie pouliche de race. henri, frappé de la beauté pudique de Marie. Oh ! assez, assez, monsieur le comte, vous vous conduisez ici comme un maquignon.

frinlair, allant à gauche et d'un air moqueur. Et vous sans doute comme un chevalier. Voyons donc! (Il veut embrasser Marie, qui recule.)

henri, se rapprochant.

Ah ! centaure que vous êtes, maltraiter une femme ! Mais votre mère n'est donc pas une femme? Laissez cette jeune fille... je vous l'ordonne. (En voulant proléger Marie, il lui déchire la dentelle de sa robe, à partir de la taille jusqu'en bas.) marie.

Ah ! mon Dieu, qu'ai-je fait I... Pourquoi, pourquoi suis-je venue là ? (Elle se sauve avec horreur.)

mazagran, V arrêtant.

Marie ! Marie !

marie.

Oh ! laisse-moi, tu m'as perdue ! (Elle sort.)

MAZAGRAN

Perdue ! pauvre robe ! {On rit.)

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