SCENE VII
LOUIS, CLÉRY, L'ABBÉ, ROUX, TISON, Municipaux, Guichetiers, louis, à Roux.
Vous venez me chercher, n'est-ce pas ?
roux.
Oui...
Attendez-moi , je suis à vous... Héry, mon fidèle serviteur, vous remettrez, après ma mort, ce cachet a mon fils, cet anneau à la reine... à la reine, aussi, c« paquet qui renferme des che-
veux de toute ma famille. {Avec une sensibilité qu'il maintient.) Je vous char- - de 1-ur porter mes damiers adieux!... (Allant à Roux.) Ceci est mon testament que je vous prie de remettre à la reine... [Mouvement de surprise. Se reprenant. A m a femme, je voulais dire... [Allant a l'Abbé.) Mon Dieu, crue je suis heureux d'avoir conservé ma foi sur le trône ! On en serais-je aujourd'hui sans l'espérance chrétienne... {Il se prosterne devant VAbbé, qui semble lire des prières dans le livre qu'il tient à la main.) cléry, qui s'est avancé vei*s Roux.
Monsieur le commissaire, accordez-moi la faveur d'accompagner mon maître afin que la main d'un vieux serviteur remplace, dans ce dernier office... tout • autre main.
ROUX
C'est impossible, je ne puis ri'-u changer aux instructions que j'ai reçues...
CLÉRT.
Votre manteau , sire...
LOUIS
Non, je n'en ai pas besoin... Mon chapeau... (Se couvrant et avec un geste de commandement.) Partons, messieurs. tisox, qui est en avant des Municipaux.
Capet, je ne veux pas que vous vous en alliez sans que je vous dise un mot... J'ai cru que vous n'étiez qu'un roi... Depuis vingtquatre heures je vois que vous êtes un homme... J'ai été insolent avec votre femme, j'ai été brutal avec vous, et je vous en demande pardon.
J'ai pardonné a tous mes ennemis... (Il fait un geste, les rangs s'ouvrent, et il sort d'un pas ferme au milieu de la troupe armée.) tison, à Roux qui est resté le dernier.
Gardez sa famille, si ça ^us plaît... Voilà vos clefs... Je n'en veux plus de votre métier de geôlier... (Cléry, qui est resté contre la muraille, traverse le théâtre et rentre dans la chambre du Roi.)
DIXIÈME TABLEAU
Le théâtre représente la rue Royale, au point où elle aboutit à la place Louis XV. Une haie de gardes nationaux maintient le peuple silencieux. Le ciel est sombre et l'aspect de la décoration rappelle la brumeuse journée du 21 janvier 17 93. On entend, dans le lointain, une marche de tambours ; ils précèdent une voiture d'une apparence modeste, dans laquelle on aperçoit Louis XY1 et l'abbé Edgeworth de Firmout, dans le fond.