SCENE Z
VAREMBON, LOUISANNE, sortant de leur chambre.
Tu es donc contente de moi, ma petite Louisanne?
LOUISANNE.
0 mon père ! vous jouez votre rôle à merveille.
VAREMBON.
Oui, ça va assez bien, sauf ce diable de sac à papier et ce maudit sabre de bois qui m'échappent de temps en temps... C'est égal, je suis un Corse assez., corsé ! Ce n'est pas pour rien que j'ai joué la comédie bourgeoise a la Nouvelle-Orléans.
LOUISANNE.
Vous n'en aurez jamais 'joué d'aussi utile que celle d'aujourd'hui.
VAREMBON.
Ah 1 si elle peut guérir Valentin de ses lubies !....
LOUISANNE.
Elle le guérira, j'en réponds.
varembon, allant s'asseoir à gauche.
Ma foi ! je le souhaite, car il me plaît, ce garçon, malgré sa folie et son refus de faire connaissance avec nous... et puisque tu l'aimes encore après cela...
LOUISANNE.
Ecoutez donc, mon père ; vous l'avez si bien établi dans mon cœur, qu'il ne dépend plus de vous ni de moi de l'en arracher.
* Varembon, Louuanne.
J'ai été élevée, j'ai grandi dans l'idée que je serais sa femme; je l'ai associé à tous mes rêves, a toutes mes espérances. Comment ne l'aimerais-je pas? c'est vous qui m'avez appris à l'aimer.
Et pouvais-je deviner que ce fût un extravagant? Fléchambau dans toutes ses lettres ne m'entretenait que des perfections de son neveu; à l'entendre, c'était un petit Caton! Nous arrivons, Caton avait pris la clef des champs.
LOUISANNE.
Un grain de folie sied bien à la jeunesse.
VAREMBON.
Un grain, soit, mais il est fou à lier.
LOUISANNE.
Nous le lierons, et nous donnerons en même temps une leçon à ce vieux chevalier à qui les romans ont tourné la tête... et à son neveu Rodolphe qui m'a tout l'air d'un sot et d'un fat. varembon, se levant.
Oh! pour ceux-là, ça me va.
LOUISANNE.
Eh bien ! rappelez-vous notre petite fable et surtout modérezvous sur le sac à papier.
VAREMBON.
C'est vrai, sabre de bois !
LOUISANNE.
Et aussi sur sabre de bois.
VAREMBON.
C'est vrai, sac à papier!