ACTE III, SCENE V
valentin, à Varembon. *
A nous deux maintenant, monsieur le comte ! Un de nous ne doit pas sortir vivant de cette chambre.
VAREMBON.
Je vous laisse le choix des armes.
L0U1SANNE.
Le choix des armes ! Il les manie toutes avec une adresse infernale.
VAREMBON.
C'est vrai.
VALENTIN
Pour égaliser les chances, on peut se battre, à cinq pas, avec un seul pistolet chargé. L'oserez-vous, monsieur le comte? varembon, remontant.
Matteo, chargez un pistolet. (Pendant que Matteo feint de charger, Sainte- Amarante s'approche de Rodolphe.)
sainte-amarante. ** Mon pauvre Rodolphe, dans l'état où te voilà, tu n'as pas grand' chose à perdre; si tu prenais la place de Valentin?
RODOLPHE
Allez-vous promener. Comment ! vous voulez qu'on me tue deux fois? C'est trop fort! je vous déshérite! varembon, à Valentin.
Veuillez, monsieur, choisir entre ces deux pistolets.
SAINTE-AMARANTE
Ils vont se battre ici? sous mes yeux? J'en ai la chair de poule. varembon.
Tirez le premier, monsieur. (Valentin tire, le coup ne part pas; Sainte- Amarante se laisse tomber à genoux en poussant un grand cri.)
VALENTIN
Adieu, Antoniai... A vous, monsieur, tuez-moi.
SAINTE- AMARANTE, à genOUX.
Je vais me trouver entre deux cadavres... quelle horreur !
varembon lève son pistolet et le baisse aussitôt. Il ne tremble pas ! Allons, ma fille aura un fier mari.
TOUS
Comment?
'Valentin, Varembon, Sainte-Amarante, Rodolphe, Louisanne, Matteo, au fond'
*x Varambon, Valentin, Sainte-Amarante, Rodolphe, LouisaDue, Matteo, ou fond.
VAREMBON.
Dans mes bras, mon gendre !...
LoviSkKSE, qui est remontée, le poussant vers Varembon. * Embrassez votre père; c'est le mien.
VAREMBON.
Eh î oui, le père Varembon! (Matteo sort par le fond.)
Ouf! (Il se lève et passe à droite.)
VALENTIN
Est-ce un rêve ?
Rodolphe, à part.
Je ne suis donc pas empoisonné?
LOUISANNE. **
Vous aviez dédaigné Louisanne; Antonia s'est chargée de votre bonheur : a-t-èlle réussi ?
VALENTIN
0 chère Louisanne!
sainte-amarante, il s'approche de Rodolphe et lui prend Voreïtte» Et le poison des Borgia ? {Il le fait lever.) varembon, à Rodolphe.
Pardonnez-moi, monsieur, la peur que je vous ai faite.
RODOLPHE
Peur ? Je savais tout ; depuis le commencement, j'avais tout deviné !
louisanne.
Et comment aviez-vous tout deviné ?
RODOLPHE
Est-ce que je ne me suis pas aperçu tout de suite de la fausse barbe de monsieur Varembon? (Louisanne et Valentin remontent.)
VAREMBON.
Fausse barbe ! c'est pardieu bien la mienne que j'ai laissée pousser pendant la traversée.
Rodolphe, s' approchant de Varembon. ***
Eh bien! c'est étonnant ! je l'ai toujours crue fausse, et c'est ce qui m'a tout fait deviner.
* Varembon, Valentin, Louisanne, Sainte-Amarante, Rodolphe, Mattëo, au fond.
"Varembon, Valentin, Louisanne. Rodolphe, Sainte-Amarante.
*** Sainte-Amarante, Louisanne, Valentin, Varembon, Rodolphe. s *'** Rodolphe, Sainte-Amarante, Valentin.