‹ ThéâtreChapitre 384 sur 449 · DE LAVIEUVILLE, GEORGES · texte numérisé non relu

DE LAVIEUVILLE, GEORGES

GEORGES

Vous me ferez grâce, je l'espère, de reproches et de menaces inutiles. Vous n'essayerez pas de me parler en faveur de Marthe, mes volontés sont inébranlables, rien ne peut changer ma résolution.

DE LAVIEUVILLE

Vous parlez de vos volontés, Georges... vous ne savez pas encore quels sont mes ordres... Attendez!... {Il va fermer les portes.)

t02 MARTHE ET MARIE.

A quoi bon ces précautions, ces lenteurs ?

DE LAVIEUVILLE

Il faut que personne n'entende ce que va dire le père qui ne peut plus vivre au fils qui doit mourir.

GEORGES

Mourir !

DE LAVIEUVILLE

Oui, Dieu qui nous a jugés, nous condamne l'un et l'autre, moi pour ma faiblesse de père et vous à cause de votre indignité de fils. (Il pose deux pistolets sur la table.)

GEORGES

Ah î mais c'est de la démence.

DE LAVIEUVILLE

Eh bien ! de la démence... c'est ce que vous deviez attendre de ma part, vous qui avez voulu me faire interdire.

GEORGES

Je ne souffrirai pas que ces armes restent en vos mains.

DE LAVIEUVILLE

Georges!... si vous faites un pas, je me tue et je vous rends parricide.

Georges, comme cloué sur place.

Parricide !

DE LAVIEUVILLE

Vous voulez, dites-vous, dénoncer à M. de Monbreuse le déshonneur de Marthe... mais vous ignorez donc que c'est sur moi que doit retomber son mépris... oui, sur moi qui ai commandé le mensonge, qui ai forcé ma fille à tromper son mari pour cacher notre honte... vous voulez me forcer à rougir devant lui... je ne m'y résigne pas, moi!... Votre vengeance sera trompée, Monbreuse ne saura pasle malheur de cette femme .. Il ne verra pas l'humiliation d'un père.

GEORGES

Mais alors même que je consentirais à me taire... il a reçu ma lettre... elle lui promet une révélation ; il l'exigera... Vous voyez bien qu'il ne me reste aucun moyen de l'éviter.

DE LAVIEUVILLE

11 vous reste le silence de la tombe... dans votre existence de prodigalité et de débauche, il est impossible qu'il ne se trouve pas quelque chose d'assez infâme pour expliquer votre mort... pour justifier mon désespoir. Je vais vous donner l'exemple du

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