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SCÈNE IV

roland, ironiquement.

Ce qui me ramène, petite, ce qui ramène... {Chantant avec un ton sentimental affecté.)

AIR : De Teniers.

Je viens trouver une épouse chérie, Qui me voyant va pleurer de bonheur, Sans aucun doute ; et son âme attendrie Me garantit des jours pleins de douceur. Plus de dispute, avec ell' plus d'chicane, Son doux accueil saura me captiver.

(Changeant de ton brusquement.) Mais c'est égal, j'ai toujours pris ma canne ; On ne sait pas ce qui peut arriver.

(Parlé.) N'est-ce pas César?... Tous deux, achevant Cair. Sait-on jamais ce qui peut arriver.

Sur la ritournelle, Roland fait le moulinet avec sa canne, et la jette à César, qui va la mettre contre Varmoire à gauche.

Comment?

Roland, s" animant.

Dame! c'est donc à dire qu'on m'aurait chassé du temple de niyménée, et que je devrais dire merci !... merci !

PËm.NETTE.

Mais c'est vous-même qui avez consenti...

ROf.AND.

Je ne dis pas... Au premier abord, ça m'avait séduit : dévorer les jaunets de son épouse, loin du domicile de la susdite, ça a quelque chose de flatteur... mais plus tard on réfléchit... on se sent humilié... froissé... n'est-ce pas, César?

CÉSAR

Le fait est qu'à Perpignan il avait l'air froissé.

ROLAND

Et je Tétais... Àh ! ma chère Dulcinée, vous êtes une femme de prévoyance... à ce qu'il parait... Comment, à l'époque de notre mariage... quand j'y allais de tout coour... vous, vous faisiez sournoisement insérer dans notre contrat trois lignes... trois gredines de lignes qui vous donnaient le droit de flanquer votre'cbéri à la porte, ou de lui couper les vivres, à son choix !.. et il ne s'en vengerait pas, ce pauvre bichon ?...

PÉK1KETTE.

Mais, mon oncle!

ROLAND

Mon plan fut bientôt fait... Je me dis : M'en retourner tout de suile près de ma femme, pour lui faire passer un mauvais quart d'heure, ce serait bète.l. Elle suspendrait ma pension, et je me verrais pris parla famine... tandis qu'en me privant pendant quelque temps des douceurs de l'existence, je peux faire des économies, et quand j'aurai amassé un boursicot suffisant, je viendrai le manger près d'elle... voilà!... Tous les

ans, à Pâques, j'aurai l'agrément do pouvoir faire endiabîer mon épouse pendant quinze joui s de vacance... ce sera mon luxe, ma jouissance, mon petit rattrapage.

PÉRLNETTE.

Mais c'est affreux !

césar, assis à gauche.

C'est affreux?... mais c'est fort doux.

ROLAND

Et j'ai exécuté la chose à la lettre demande à César

Nous en sommes-nous imposé, des privations'.... même qu'il y a des dimanches où j'ai bu de l'eau.

CÉSAR

Et pas de Seltz, encore.

ROLAND

Mais au bout d'un an (tirant un sac de sa poche et frappant dessus), voilà ce qui m'a poussé dans le gousset... Alors, en route... César! 'César se lève.} gauche, droite! et nous y sommes ! et nous allons faire les cent coups et le tremblement !... et nous allons piller !... et nous allons saccager l'établissement, que ce sera une vraie bénédiction !... Attention!... ça va être

gai...

CESAR

ROLAND

r;:RiNLTTE, arec effroi.

Oh ! mon Dieu ! ma tante qui est déjà furieuse contre vous.

ROLAND

Silence, petite!...

Silence, petite!...

Où est-elle, ta tante?

Chez Jean Leblond, ici près.

roland, S César.

César, ma femme qui qst chez Jean Leblond... comprends-tu?

CÉsAR.

Oui, oui, oui !... c'est-à-dire... non.

ROLAND

Animal ! ça signifie que nous sommes les seuls maîtres de la place. {PèriHeth remonte et va regarder au fond atfeé inquiétude.)

CÉSAK;

An ! oui !... ah ! je saisis.*, où esl la cave ?

ROLAND

Attends!... J'ab ird faut mettre le couvert... eh! vite, vite, la table. (Tout en chantant le refrain de leur entrée, ils apportent la table de droite et ta placent au milieu du théâtre.) Allons, garçon... Permette, une nappe, de la A-aisselle... Si je me souviens, la chose doit nicher ici. [Il va à Farmoireà gauche.) périnette, redescendant à droite. **

Bonté divine ! le linge fin ! le couvert des grands jours!

Périoette, César, Roland.

" iî'lam!, César, Périoette.

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