PAUL, RAYMOND
A tort, votre âme est offensée, Mon père, et vous allez par delà ma pensée. Je disais...
RAYMOND
Je vous dis que le Ciel nous défend De compromettre ainsi le salut d'un enfant;
Que de son âme un jour vous serez responsable, Et qu'il n'était point né pour un métier semblable. Il aurait, si l'on eût accompli mon projet, Fait pour le séminaire un fort joli sujet.
PAUL
Vous savez quel penchant il montrait pour la scène ;
Ce goût, ainsi qu'à moi, vous faisait de la peine :
Il eût mal soutenu l'honneur de notre nom.
Mais fallait-il le mettre au séminaire? Non ;
Car l'amour du théâtre est. je crois, fort contraire
A la vocation que veut le séminaire.
J'ai pris un moyen terme : il est au régiment,
Et c'est pour lui sans doute un beau commencement
Que d'avoir a son âge une sous lieutenance.
Il fera son chemin, j'ensuis certain d'avance;
Et monsieur de Créqui plu- d'une fois m'a dit
Qu'il saurait, au besoin, laider de son crédit.
Est-il rien de plus beau que l'état militaire ?
Rien de plus immoral... mais j'aime mieux me taire*, D'ailleurs voici quelqu'un.