‹ Théâtre françaisChapitre 184 sur 184 · ACTE III, SCÈNE IX. al · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IX. al

MÔLANIE. » •

Ton amante qui meurt pour te rester Gdèlc. I

Je vivais pour l'aimer : ma mort est moins cruelle, ,

Puisque je puis du moins , justifiant ton choix , 1 T'avouer mon amour pour la première lois.

MONVAI..

Tu m'aimes et tu meurs ! ô Mélanie ! o rage ! ;

mÉlanie. :

Un breuvage mortel m'arrache î» l'esclavage. J

Du jour où je t'ai vu je jurai d'être h toi : 1

L'amour h tous les deux dicta la même loi ; 1

Ma mère y souscrivait, si le ciel en colère 4

Ne m'eût fait rencontrer un tyran dans un père. ]

Il yersa dans mon sein le poison des douleurs, |

Plus cruel mille fois que celui dont je meurs. 1

Cet homme injuste et dur accabla Mêlanie j

Du pouvoir qu'il reçut pour piote'ger ma vie. ,

Il vil mon désespoir avec tranquillité , j

La nature en son cœur n'a jamais habite. j La mort est dans le mien : des torpens le dêchireut. - .|

( yiux sœurs. ) | O vous, que des malheurs h ce spectacle attirent, Et vous qui ressentiez, les feux dont j'ai biùlc, Qui dormez sous ce mai brc où mes pleurs onl coulé , ', j Levez-vous h ma voix , victimes malheureuses.

[l'yfe se lève avec effort soutenue sur sa mère et .-vt j detir religieuses. Moni^al reste appuyé sur le fnuieuif,

la télé dans ses mains. ) 1

Levez-vous, entendez mes plaintes doulourei'îes ; j

Accablez avec moi l'oppresseur abhorre 1 Dont je n'ai pu fléchir le cœur dénaturé.

Dieu ! que le dernier cri de sa fille expirante ^ ,

Retentisse à jamais dans son ame tremblanie ! ;

Et s'il t'ose implorer au jour de son trépas, I Rejette sa prière et ne pardonne pas.

LE CURÉ, I

O ma fille .' abjurez ces sentimens coupables ! ,

mélakie, se laissant tomber sur les genoux, les bras

tendus vers le ciel.

Difn ! Dieu! n'enlfnrlcî pas ces souhaits exécrables. Le desespoir, In mort, ont filiale ces vnenx , Tout mon cnpur les dément : pardonnez, justes cieux ! Pardonnez à mon père aussi bien qu'à moi-même. Cher Monval , cher amant, toi que j'aimai... que j'aime...

( ^-iu curé. ) Vous qui m'avez rendu des soins si ge'ni'reux ! Et vous, i!ia mère , voîis, venez fma'T mes veux : Venez ; ces yeux ^éteints vous disliusuent à peine. Que mon dernier soupir ne soit joint pour la liaine : Qu'il soit pour la nature , hi'las ! et pour l'atuour ! Serrez-moi dans vos bras : Monval , c'est sans retour ! Cher Monval !

( Elle meurt. )

MOXVAL.

•• Non ; attends , que rien ne nous sépare...

Elle n'est plus! eh bien! es-tu content, barbare? Contemple tous les coups, et jouis du dernier. Tigie , d'im tel objet viens te rassasier.

( // veut se percer de son épée ; le curé le retient. )

LE CDnÉ.

Arrêtez ! ah ! c'est trop multiplier les erimcs. Ce jour iulortuiu- compte assez de victimes.

{A M. de Faublas.) D'un repentir tardif je vous vois decliire.

M. DE FAUBLAS sort d'un long accablement. Dieu vengeur, à quel prix m'as-lu donc tclairc!

Flir DE MELAHIE.

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