‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 67 sur 79 · SCÈNE IV PHILIPPE, BERTRAND, puis CHANTEPOIZE · texte numérisé non relu

SCÈNE IV PHILIPPE, BERTRAND, puis CHANTEPOIZE

PHILIPPE

Qu'est-ce qu'il y a?

Bertrand, mystérieusement.

Gare aux francs-maçons.

PHILIPPE

Je crois savoir qu'il n'y en a pas.

BERTRAND

Je ne vous ai pas exposé le point essentiel du complot ; voici : l'enlèvement du Président de la République doit se faire rapidement...

PHILIPPE

Ah! vous enlevez le Président?

BERTRAND

Vous ne le saviez pas?

PHILIPPE

Non... mais ça ne fait rien... C'est gentil ça... on enlève le Président...

Le3 circonstances sont exceptionnellement graves. On nous accuse nous autres royalistes de ne pas conspirer sérieusement.

PHILIPPE

Oh! mais moi je marche, je vous l'ai dit, je ferai ce qu'on voudra.

BERTRAND

Voici... Vous stationnerez derrière l'hippodrome d'Auteuil avec un cheval.

PHILIPPE

Pardon... Ètes-vous bien sûr de l'armée r

BERTRAND

Nous avons pour nous toute la cavalerie, et d'ailleurs le vicomte de Ghantepoize. (Chantepoize paraît.) Tenez, le voici. (Chantepoize et Philippe se serrent la main.) Gare aux Fr. : M. :

PHILIPPE

Je crois savoir qu'il n'y en a pas.

Bertrand, continuant.

Entre la troisième et la quatrième course, des amis à nous vous apportent le Président de la République tout ficelé-

chantepoize, sans émettre de son.

Vive le Roi!

PHILIPPE

Qu'avez-vous, Chantepoize...? Que venez-vous de dire?

CHANTEPOIZE.

Je dis vive le Roi sans émettre de son parce qu'il y a du monde. (Chantepoize serre la main de Bertrand et celle de Philippe.)

PHILIPPE

Vous manifestez à la muette.

CHANTEPOIZE.

Oui, cher ami, je manifeste à la muette.

Bertrand, continuant.

... Le Président de la République tout ficelé. Vous le placez

au travers de votre selle, et vous filez. A trois kilomètres de

là vous trouverez, dans un automobile, une femme voilée. Nous

sommes sûrs du mécanicien. C'est un ancien page de Charles X.

Ii est un peu aveugle, maib il connaît très bien les routes. Eh bien, je crois que nous tenons enfin une conspiration sérieuse. (Chantepoize serre la main de Bertrand.)

PHILIPPE

Oui... évidemment...

BERTRAND

Vous n'avez pas l'air très emballé... Vous ne croyez pas au succès?

PHILIPPE

Non, ce n'est pas ça...

Alors?

PHILIPPE

Vous avez dit, n'est-ce pas... que l'enlèvement du Président doit se faire avant la quatrième course.

BERTRAND

Oui.

PHILIPPE

Oui, mais alors... il va se produire un tumulte énoime, et la quatrième course ne sera pas courue.

Bertrand, à Chantepoize.

Nous l'espérons bien.

PHILIPPE

Moi pas... j'ai un cheval qui court et j'espère qu'il va gagner... Si ça ne vous faisait rien... vous n'enlèveriez le Président qu'après la quatrième course.

BERTRAND

Ah! vous n'êtes pas f.érieux.

PHILIPPE

Je suis sérieux, mais j'ai un cheval qui court.

BERTRAND

Chut... on vient... Séparons-nous sans en avoir l'air...

PHILIPPE F.T CHANTEPOIZE.

Sans en avoir l'air.

[Ils sortent.)

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