‹ ThéatreChapitre 7 sur 78 · RR-NÉ · texte numérisé non relu

RR-NÉ

Non... non....

DRAKTON.

Et vous aussi.

RENÉ

Ce n'est rien.

DRAKTON.

Vous avez fait des affaires défectueuses?

Je ne fais pas d'affaires.

DRAKTON.

Pourtant vous Rejouez pas. (Geste évasif de René.) khi vous jouez! Oui, alors, c'est ça?

RENÉ

Mais non, vous vous méprenez.

DRAKTON.

C'est comme VOUS voudrez. Alors, qu'avez-vous âme dire?

RENÉ

Mais....

DRAKTON.

Oui, vous êtes content de me voir. Moi aussi, old chap. Je vous aime beaucoup. Vous êtes Français, et pourtant vous n'êtes pas blagueur, ni léger, ni vantard.

Je ressemble, en ce cas, à la majorité des Français.

DRAKTON.

Non, à la majorité des Américains. Mais, pour m'avoir téléphoné, vous avez un mobile majeur. Lequel ? Est-ce un service?

RENÉ

Presque.... La dernière fois que je vous ai vu, Drakton, vous m'avez dit que vous vouliez acheter une maison de campagne en France.

Oui.

RENÉ

Dans le Midi.

DRAKTON.

Oui.

RENÉ

Eh bien, j'en ai une. Je l'ai héritée d'un de mes oncles. Ma mère ne l'habite jamais. Je veu.^la vendre.

DRAKTON.

Je la connais. Elle émerge entre Beaulieu et Villefranche. Elle est poétique.

RENÉ

N'est-ce pas? Voulez-vous me l'acheter?

DRAKTON.

Non.

RENÉ

Ah!... Elle ne vous plaît pas?

J'EPERYEIK. 29

DRAKTON.

Si. Mais j'en ai déjà une autre, poétique aussi.

RENÉ

Comment? depuis quand?

Depuis ce matin. J'ai déjeuné avec Frémonville au Ritz.... Je lui ai raflé sa villa.

P.ENÉ.

Ah! je regrette !...

DRAKTON.

C'est tout?

RENÉ

Oui.

DRAKTON.

Mon refus vous contrecarre ?

RENÉ, avec hésitation.

Non .

DRAKTON.

Je vois bien que vous avez un déficit Vous avez besoin

d'argent.

RENÉ

Tout le monde a besoin d'argent.

DRAKTON.

Non. Moi pas. C'est au poker qu'on vous a fait fondre votre galette ?

RENÉ

Non. Au baccara.

Je ne savais pas que vous jouiez. C'est inédit.

RENÉ

Je me suis laissé entraîner. Mais n'en parlons plus, ça n'a pas grande importance. Vous avez bonne mine, Drakton.... Vous êtes toujours enragé de polo?

DRAKTON.

Oui.... Alors ça vous contrecarre que je n'achète pas votre villa?

RENÉ

Mais, pas du tout... Je ne pensais même pas à là vendre

Duclos, tout à l'heure, m'a dit que vous étiez à Paris..;. Alors cette idée m'est venue....

DRAKTON.

Et cousine, votre maman? Elle ne vous prêterait pas....

RENÉ

Je ne veux pas... pauvre maman. L'idée que j'ai joué et perdu... elle serait bouleversée.... Elle est très vieux jeu, maman. Non... non, j'ai trouvé ailleurs quelqu'un qui me prête cet argent. Il doit revenir dans un quart d'heure.

DRAKTON.

Un ami?

RENÉ

Enfin... non.

^ DRAKTON.

Ce n'est pas un ami, et il se déplace pou r vous prêter de

l'argent?

RENE

C'est un homme du monde qui s'occupe de tableaux... qui avance... à certains intérêts.... Vous comprenez?

DRAKTON.

Parfaitement. Nous en avons aussi en Amérique. Eh bien , je vous achète votre villa.

RENÉ

Comment! Mais non... vous venez de me dire....

DRAKTON.

Je sais exactement ce qu'elle vaut. Je m'étais excité dessus l'année dernière. Elle vaut de deux cent quarante à deux cent cinquante mille francs. ^

RENÉ

Voyons... je ne veux pas.

DRAKTON.

Oh ! je la revendrai le même prix ou plus cher, ou je la donnerai à Clara.

RENÉ

Clara Villiers? Vous êtes toujours avec elle?

DRAKTON.

Je suis avec elle en France. Deux cent quarante-cinq mille... vous trouvez que c'est convenable ?

RENÉ

Je crois bien. Je comptais en demander deux cent vingt mille francs.

DRAKTON.

Pourquoi? C'est bête.... Vous avez une plume?

RENÉ

Ne seiait-il pas préférable que je fasse venir mon notaire... et que nous échangions pour la bonne règle?...

DRAKTON.

Oh...rvbbish!... Je vous fais un chèque... vous télégraphiez à votre garde.... Vous avez quelqu'un là-bas?

RENÉ

Lejardiiier.

DRAKTON.

Vous lui télégraphiez que la maison est à moi, c'est tout.

RENÉ

Vous me rendez un grand service.

DRAKTON

Von. Je vous achète votre villa le prix qu'elle vaut. Vous êt«s drôles en France !

RENÉ

Ça ne vous ferait rien de me signer deux chèques?... l'un de qiatre-vingt mille... l'autre de cent soixante-cinq mille....

Oh ! ça n'est pas un effort. (// écrit.) Quelle est votre banque ?

RENÉ

Le Comptoir.

DRAKTON.

C'est une des miennes.

RENÉ

Je devais quatre-vingt mille francs à quelqu'un... quelqu'un à qui je ne peux pas... à qui je ne voudrais pas devoir un sou... et d'autre part cet usurier. ...^enfm, je suis content.

DRAKTON .

C'est le principal.

LE VALET, entrant.

M. le comte de Dasetta fait demander si monsieur p^t le recevoir.,..

RENÉ

Ahl... oui... certainement.

LE VALET

Et ce monsieur de tout à l'heure est revenu.

RENÉ

Non... non.... Ce n'est plus la peine.... Dites-lui (jue je lui écrirai.

{Sort le vaipt.)

DRAKTON.

J'ai connu un Dasetta, autrefois... un vieux geitilhomme qui avait du rameau. Il avait été ambassadeur à ijondr^s.... Est-ce celui-là?

RENÉ

Non, lui est tout jeune.

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