ACTE III, SCÈNE IV
Parce qu'il est parent de son humble servante. — Non ! ce qui me désole et ce qui m'épouvante, C'est que de ce forfait de monsieur d'Aubusson Il puisse rejaillir sur moi quelque soupçon ; C'est que le Roi, cédant au courroux légitime, Ne me conserve pas toujours la même estime. Mais, cela, mon honneur ne l'admettra jamais. Donc, au coup qui me frappe, ici, je me soumets. Et, comme une faveur, j'implore ma retraite. Pour que tous, quel que soit le motif qu'on me prête. Me respectent encore, et que Sa Majesté Me pardonne un malheur vaillamment accepté.
LE ROI
Comment! vous voudriez?...
LOUVOIS, à pari.
Dûis-je y croire? Elle cède.
Oui, Sire! Je vous dois tout ce que je possède; M.iis le tenir de vous en faisait le seul prix, lous mes biens — car un roi n'a jamais rien repris —
192 MADAME DE MAIXTEXOX.
Iront à la maison de Saint-Cyr, à l'asile Où vous permettrez bien, Sire, que je m'exile, Pour qu'en cette demeure, où mes jours vont finir, Je retrouve partout votre grand souvenir.
LE ROI, avec effart.
Et si nous combattions ce scrupule sincère?
Si votre dévoûment nous était nécessaire?
Si nous vous demandions de rester près de nous ?
MADAME DE hlAlST ES OU , prenant Henrieile par la main et la faisant tomber aux pieds du Roi.
Sire, je pousserais, alors, à vos genoux
Cette plaintive enfant qui n'a pas d'autres armes
Q.ue son vrai repentir, sa jeunesse et ses larmes.
Et qui, de ses erreurs faisant ici l'aveu.
Dans la faute d'un père a vu la main de Dieu ;
Cette enfant qui, sans même implorer une grâce,
Jure par votre main royale qu'elle embrasse,
Sire, de n'avoir plus désormais d'autre foi
Qjae celle qui défend d'être traître à son roi !