‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 124 sur 142 · NAS' ON · texte numérisé non relu

NAS' ON

Impossible! Le Roi, cette nuit, vous épouse.

Non ! j'ai vu sur son front comme une ombre jalouse :

Il ne m'a pas parlé, ce matin! comprends-tu?

Et ce Louvois, qu'hier je croyais abattu,

A fait peser sur moi son regard noir de haine.

Rien n'est fini : je sens une crise prochaine.

— Tantale, vois ces fruits que tu ne peux toucher !

Sisyphe, roule encore une fois ton rocher !

ADAME DE MAINTENON.

Et, pour clore un destin qu'on envie et qu'on prône, Toi, tombe de fatigue et meurs aux pieds d'un trône I

NANON

Et vous parlez ainsi, Madame, quand ce soir. Dans un instant, ici, le Roi viendra s'asseoir; Quand, de son habitude esclave très fidèle, Sa Majesté voudra vous avoir auprès d'elle, Et ne suivra l'avis de ses vieux conseillers Q.u'autant qu'il vous convienne et que vous le vouliez ; Quand d'un mot vous pouvez bouleverser l'Europe,

MADAME DE MAINTEMON.

Non, non, te dis-je! un vent de malheur m'enveloppe. Et ce qui m'est encore un présage cruel, C'est le funèbre adieu que m'a fait Samuel. Cet enfant qui parlait de mourir, c'est horrible !

Ehl Madame, écartez ce souvenir pénible. Mourir ! C'est, vous savez, le grand mot des amants : Le monde finirait s'ils tenaient leurs serments.

Ah 1 ne ris pas!... Mon Dieul que je suis inquiète 1

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