‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 141 sur 142 · ACTE V, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE III

Ce n'est pas seulement le supplice évité ; C'est aussi le bonheur, l'amour, la liberté. Regardez cette enfant qui supplie et qui tremble !

HENRIETTE

Elle a raison, mon bien-aimé! Fuyons ensemble Fuyons !

SAMUEL

Il est trop tard, et tout me le défend... Mais, merci d'évoquer notre amour, pauvre enfant î Dans mon sombre passé de souffrance et de luttes, Lui seul m'a pu donner quelques douces minutes. Laisse donc, dans ce tendre et suprême baiser. Laisse encore une fois mon coeur se reposer. Ainsi que la frileuse hirondelle en voyage, Traversant l'Océan par une nuit d'orage, Avant de remonter dans le ciel plein d'éclairs. Se repose un moment sur le courroux des mers... Sois heureuse sans moi ! Je t'aime 1

HENRIETTE

Infortunée !

SAMUEL

Sois heureuse, Henriette, et soyez pardonnée,

248 MADAMb JJh M A INI EN ON.

Madame. Le bonheur ne m'était pas permis. Et je dois partager le sort de mes amis; Leur tombe me requiert, leur supplice m'attire... Mais je suis plein d'amour, je ne sais plus maudire.

MADAME DE MAINIENON.

Non, il ne mourra pas 1

A Hcnrittte.

Oh I n'est-ce pas qu'il faut Lui barrer le chemin qui mène à l'échafaud I Si je ne pouvais pas à la mort le soustraire. Je verrais chaque nuit le spectre de son frère Me demander raison du sang de ce martyr.

HENRIETTE

Consens, mon Samuel, oui, tu dois consentir. Ou je vais expirer sur ta main que j'embrasse.

Je souffre I

La porte dt gauche s'outre et donnt passage à Croix Saint-Paul et à MM. de Pons et de Tracy, U col nu. Ils s'avanunt, entoures d'une escorte qu4 précède U greffier.

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