‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 22 sur 142 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

Q.ui porteraient son nom aux époques futures, N'eussent d'autre ornement que ces vaines parures, Durable souvenir, qu'il léguait à leurs fils, De ce qu'il avait fait un jour pour son pays !

JEAN

Mon noble aïeul !

VÉRONIQUE, à part.

Dieu bon I est-ce que tu m'exauces ?

JEAN, montrant le coffret à l'abbé.

Ainsi, vous l'avez dit, ces parures sont fausses.

l'abbé, stupéfait.

Ces parures ?.,. Hein ? quoi ?... Le trésor!

JEAN

Le voici.

Mais vous m'avez prouvé qu'il était faux... Merci!

l'abbé. Vous l'aviez découvert?... Je détruis votre joie!

// se laisse choir dans un fauteuil.

Ah !

48 LETRÉSOR.

JEAN

Je comprends le don que l'ancêtre m'envoie. Trésor de dévoûment, trésor de loyauté, Tu me rends le bonheur avec la pauvreté ; Et bien plus que tout l'or du monde je t'estime. Fortune de vertu, legs d'un aïeul sublime ! Soyez les bienvenus, car vous comblez mes vœux, Perles sans orient et diamants sans feux I Car j'ai souffert pendant mon heure de richesse ; Et le sort à présent me fait vraiment largesse. Qui, tout en m'accablant de ce surcroit d'honneur. Me permet de rester un pauvre moissonneur. Partez sans un regret, décevantes chimères !

Prenant la main de Véronique.

Vous voyez les bijoux qu'ont portés mes grand'mères 1 C'est ma dot, Véronique ; ils n'ont pas de valeur. Et l'éclat de vos yeux brille plus que le leur : Voulez-vous cependant les accepter quand mémo ?

VÉRONIQUE

Puisque vous restez pauvre, et puisque je vous aime !

L ABBÉ, sautant dt son fauteuil.

Comment ?... Qu'ai-je entendu ?

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