PROLOGUE, SCÈNE I
COLLETET
S'il VOUS entendait, comte, il serait indigné. Il aime, en bon mari, Françoise d'Aubigné.
M. DE H;de, au laquais.
Ah ! petit, va chez elle et dis-lui que nous sommes A l'attendre, un poète avec deux gentilshommes.
Le petit laquais s'incline et sort.
Nous saurons bien par elle où Scarron s'est enfui .
M. DE LAVARDIN, se jetant dans un fauteuil. Dites-nous, CoUetetl quoi de neuf aujourd'hui?
COLLETET
Peu de chose, sinon la chaleur étouffante. Et les Parisiens qui veulent voir l'Infante Qu'aujourd'hui notre Roi, vainqueur de ses rivaux, Ramène dans un grand carrosse à six chevaux.
M. DE LAVARDIN
C'est vrai. Cela m'était sorti de la cervelle. Elle est belle, dit-on, cette reine nouvelle?
yÔ MADAME DE MAINTENON.
M. DE LUUE.
La reine l'est toujours.
M. DE LAVARDIN
Je rirai voir. Je veux Connaître la couleur, au moins, de ses cheveux. Ce sera, dans trois jours, celle des nœuds d'épée.
COLLETE T.
Votre attente. Messieurs, pourrait être trompée. L'Infante est un vilain fruit d'Espagne, assez noir, Et se met tellement de rouge qu'on croit voir Déteindre sur sa joue, où tant de pourpre éclate, Du damné Mazarin le camail écarlate.
M. DE LUDE
Ah ! nous regrettons donc toujours, Monsieur l'auteur. Les dîners d'autrefois chez le coadjuteur ? Faites-en votre deuil. La Fronde est enterrée.
COLLETET
Le monde en va-t-il mieux ?
M. DE LAVARDIN
Mais la paix est rentrée En France.