PROLOGUE, SCÈNE III
Et les meubles fiinés de ce vieux salon jaune, Tout, absolument tout ici, vient de l'aumône; Voir ce vieillard, pour être aidé, nourri, vêtu. Tout flétrir, le talent, l'honneur et la vertu; Partager cette honte, et trouver cette fange Sur la robe qu'on met et dans le pain qu'on mange 1 Oh ! je veux fuir ! Mon cœur, trop longtemps résigné. .
— De quoi te plains-tu donc, Françoise d'Aubigné? Pourquoi donc faire ainsi l'orgueilleuse et la prude? Mais c'est de la démence et de l'ingratitude ! Ton sort, tu l'as voulu. Scarron t'a dit souvent :
— Ma belle, choisissez : Ma main, ou le couvent ! — Cet homme a le cœur bon ; il t'aime comme un père. Vas-tu pas le traiter de langue de vipère
Parce qu'il aime à rire, et n'est-il pas permis Aux dépens du prochain d'amuser ses amis? Si ces mêmes amis lui donnent son aisance. Tu leur dois, comme lui, de la reconnaissance. Et parce que l'un d'eux, touché de tes attraits, Dans un moment d'oubli t'a parlé de trop près. Est-ce donc un motif de crier de la sorte? C'est folie!...
Avec accablement.
Eh bien, non I Je voudrais être morte !
Se remettant un peu.
Et cet homme que j'aime!... Ah! mon cœur est trop plein
Après un silence.
Il faudra que j'en parle à l'abbé Gobelin, Et qu'au saint tribunal je montre à nu mon âme. — Comme cette chaleur est pesante !...