‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 65 sur 142 · ACTE I, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE V

Le soir, assis au seuil de sa maison de planches, Regarder sur la mer partir les voiles blanches, Plus sombre chaque jour, et pressentant tout bas Que comme elles en France il ne reviendrait pas.

Antoine I . . . Pauvre ami ! . , .

SAMUEL

Les mois, les ans passèrent, Et ses derniers espoirs lentement s'effacèrent. Pauvre frère ! il était sans nouvelles de vous. Il apprit seulement la mort de votre époux. Et puis, plus tard, — fortune étrange et surprenante ! Qiie des bâtards du Roi vous étiez gouvernante. Pleurant, plus que le sien, votre bonheur perdu. Souvent il vous plaignait de l'avoir attendu. Une fièvre le prit... Sa vie était frappée... Un soir, il m'embrassa, me donna son épée ; Triste, il me confia son secret, tout entier. Et tirant de son sein ce livre, ce psautier. M'y montra cette date : Août, seize-cent-soixante. Ces deux mots : au revoir, et le nom de l'absente.

MADAME DE MAINTENOX.

Hélas 1 hélas I

SAMliEL.

Retourne en France, me dit-il ; Va vers elle, dis-lui que je meurs en exil, La bénissant encore et gardant toujours d'elle Le même souvenir pur, profond et fidèle... — Puis, signant et datant de ce funèbre lieu, Sur ce même psautier il écrivit : Adieu !

Après avoir remis le lix're à maianu de Mainletion.

J'exécute aujourd'hui ce qu'il m'a dit de faire

Samuel, je prierai toujours pour votre frère. Et je \'eux conserver ce livre à tout jamais. Mais il me reste encor de l'homme que j'aimais Un autre souvenir plus cher.

SAMUEL

Lequel ?

MADAME DE MAINTENOM.

Vous-même.

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