ACTE II, SCÈNE IV
Nous avons un moyen, — et je vous le propose, — Un moyeu prompt et sûr de sauver notre cause.
SAMUEL
Lequel ?
Je n'ai jamais, moi, prud'homme et barbon, Du synode secret auguré rien de bon.
Je sais des huguenots les timides scrupules; Un colloque ne sert qu'à réfuter les bulles. Et — notre histoire est là — jamais il n'est sorti De tout ce bavardage un sage et bon parti ; Tout au plus des discours sur la théologie. Mais vous voyez ici trois hommes d'énergie Qui, malgré le synode avorté d'aujourd'hui. Sauveront le parti protestant, malgré lui.
SAMUEL
Comment?
CROIX SAINT-PAUL
L'ancien édit, entre autres avantages.
Donnait aux huguenots plusieurs villes otages. N'est-ce pas?
MADAME DE M A INTENON.
SAMUEL
Qjue nous a reprises Richelieu...
On sait cela.
CROIX SAINT-PAUL
Vous ne supposez pas, pardieu !
Qu'à nous trois nous voulions aller mettre l'échelle Aux murs de Montauban ou bien de La Rochelle, Comme nos bons aïeux l'eussent fait cependant.
SAMUEL
Eh bien?
CROIX SAINT-PACL.
Notre projet, plus simple et plus prudent, Prend sur Louis quatorze un garant moins vulgaire Et bien plus précieux qu'une place de guerre.
SAMUEL
Mais, quel est-il donc?
CROIX SAINT-PAUL
C'est le complot hasardeux Cbii jadis a failli nous livrer François deux ; Celui qu'avaient conçu la cervelle hardie D'un Condé, d'un Mazorc ou d'un La Renaudie,