ACTE III, SCENE I I7I
Et c'est comme un désert qui se fait dans mon cœur ! Quittant la fenêtre et descendant en scène.
C'est donc vrai! Sa maîtresse! Oui, je suis sa maîtresse! duel sentiment affreux de honte et de détresse Se mêle constamment à l'ivresse que j'ai... Sa maîtresse!... Mon Dieu! comme tout a changé! Que de choses d'hier qui me semblent anciennes ! Après un silence.
Je me souviens... Prenant mes deux mains dans les sien nés.
Lord Richard me disait: « Il est encore temps...
Réfléchissez-y bien, Dora... j'ai cinquante ans...
Est-ce bien oui?... » C'était sous la verte futaie;
J'ai répondu : « C'est oui ! » d'une voix ferme et gaie,
Et, dans le fond du parc, l'écho l'a répété.
Ce jour-là, qu'ai-je fait?... Et ma jeune gaieté,
Qui réveillait l'écho de la vieille avenue.
Ma naïve gaieté, qu'est-elle devenue?...
Trahir Richard, si bon, si tendre, si loyal!...
Ah! je le hais parfois, ce beau Prince royal,
Qjui, par ce soir de fête où j'étais comme grise.
M'a faite en un instant son esclave et m'a prise
Par ce baiser qui brûle et dont j'ai soif toujours...
Quand il me quitte, après ces rendez-vous trop courts,
Quand je reste un instant seule ici, quand je songe
Que cette passion est peut-être un mensonge,
Qu'il est jeune, léger, et qu'il sera trompeur,
Alors je me sens triste à mourir, et j'ai peur!...
Je frissonne... Partons!... Cette nuit de septembre
Est glacée... Ah! mon voile...
LES JACOBITFS
Montrant la porte de droite.
Il est dans cette chambre; Je vais vite le prendre et m'en aller d'ici. Elle sort à droite.