ACTE III, SCÈNE V ICI
AN G US
Comment?
DORA
La coupable !... C'est moi qu'on aurait dû surprendre. Si l'admirable enfant à qui vous allez rendre Tout votre amour, Angus, pour elle n'avait pris Ma faute, humilié son front sous les mépris, Et gravi jusqu'au bout ce calvaire de honte.
ANGUS
Quoi 1 jusque sous ma main, à se lever trop prompte. Elle a continué ce mensonge... Pourquoi?
DORA
Pour garder au pays son armée et son Roi.
ANGUS
Je comprends, je comprends... O ma fille! O Marie I
MARir, se jetant à son cou.
Pardon, père, pardon!... C'était pour la Patrie!
Un cœur d'enfant n'a pas votre sévérité.
Lord Fingall, connaissant sa honte, eût déserté.
Et j'ai voulu sauver le Prince en qui j'espère :
— J'en suis sûre, il vaincra pour l'Ecosse, grand-père 1
Et je n'ai nul regret de mon honneur perdu.
Si votre ancien amour tout entier m'est rendu.
ANGUS
Ah! je ne veux avoir, à cette heure présente,
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due de la joie au cœur... Ma fille est innocente 1 Une noble folie, enfant, t'a fait agir; Mais tout est bien puisque tu n'as pas à rougir, Que je ne suis pas mort, foudroyé, tout à l'heure, Que de nous deux c'est toi, toujours toi, la meilleure, Que je t'ai dans mes bras, et que je suis bien sûr De mettre mon baiser sur un front toujours pur! On entend, au loin, de vagues clameurs et une marclie militaire, dont le bruit augmente et se rapproche jusqu'à la fu de l'Acte.
Quel est ce bruit ?. . . J'entends des musiques confuses.
Le Prince part en guerre, au son des cornemuses. Adieu!... Je suis une autre, à partir d'aujourd'hui. Vous me pardonnerez, car je mourrai pour lui. Elle sort.
Je ne prononce plus de sévères paroles.
Mais n'avons-nous pas mis des espérances folles
lîn ce jeune homme, à qui, pour être triomphant,
Il a fliUu d'abord l'honneur de mon enfant?
Ma foi dans ce Stuart n'est plus du tout la même.
MARIE
Ne parlez pas ainsi, grand-père! car je l'aime.