ACTE IV, SCENL 1 Iy
Lord Fingall, éperdu, me criait : « Sauvons-Li! » lit, tous deux, nous l'avons emportée...
K U r H, iiioiitranl un fauteuil Je paille près de la cheminée
Et c'est là — Oui, je crois tout revoir ! — que vous l'avez posée. Cette pauvre lady, mortellement blessée.
J'avais pris le manteau, tout raidi par le sang. Pa:fois elle essayait encore, en gémissant, De sourire \ milord, à genoux devant elle, lit demandait pardon!... De quoi, la pauvre belle?... Lui, presque fou, criait dans ses pleurs : « Ma Dora I » Enfin, comme une fleur se ferme, elle expira. Oh! quel malheur!... Je l'ai moi-même ensevelie. Qu'elle était délicate, et mignonne, et jolie! Ses cheveux dénoués lui tombaient aux genoux...
DCNCAN.
.Mais, tu m'y fais songer... Où donc son pauvre époux Lst-il à présent, Ruth?
Toujours au cimetière.
DU SCAN.
Oui ! Bien souvent il passe une journée entière .\ssis près du tombeau de la chère lady. lit quand a-t-il quitté la maison?
RU TH
A midi.
DUNCAX.
Non, je n'aime pas voir ainsi sortir le maître. C'est imprudent.
Qui donc pourrait le reconuaitrc, Déguisé, comme il est, en habit de berger?
Soit! Mais il n'a jamais été plus en danger, Puisqu'on a mis sa tête à prix.
RUTH
Malheureux homme
Mille livres sterling sont une grosse somme. Le pays est toujours battu par les soldats, Et, pour trahir le maitre, il suffit d'un Judas... Dès demain, il faudra le cacher mieux encore.
RUTH
Mais, Duncan, que sait-on sur le Prince?
On ignore Par quel chemin a pu prendre le fugitif. A qui lui livrera le Stuart, mort ou vif, Cumberland offre un prix de trente mille livres. On dit que, l'autre jour, à Stirling, des gens ivres
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Tuèrent un marchand qu'ils avaient pris pour lui...
Enfin, il est encore en Ecosse aujourd'hui,
Et libre, on en est sûr... Dieu protège sa fuite!
JOÉ, qui, depuis un moment, a quitté le coin au feu.
Disdonc.Jeniesouviens... comme ça, tout de suite... De la belle lady... tu sais?... dont tu parlais Tout à l'heure...
DUN'CAN
Eh bien, quoi?
JOÉ
Qu'est-ce que je voulais?.., Je me rappelle... et puis tout à coup cela passe. Ah, oui! Peut-on garder un objet qu'on ramasse, Grand-frère? Je me dis tantôt oui, tantôt non...
DUNCAN
Il divague... Voyons! laisse-moi, mon garçon; Car j'ai pour le moment de plus graves affaires. Tiens! dans le petit bois, j'ai vu des primevères... Tu sais, où le taillis forme comme un bosquet... Va les cueillir.
JOÉ
Hurrah! Je vais faire un bouquet!
// sort en courant.
loi LLS JACUbJ