‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 159 sur 159 · SCÈNE V ANGUS, MARin · texte numérisé non relu

SCÈNE V ANGUS, MARin

Il parti... Enfin !... Ils vont le sauver, n'est-ce pas?... Oh! j'ai froid!... Prenez-moi, grand-père, dans vos bra Vous allez rester seul... Oh ! quelle horrible chose !... Ce navire va faire un signal, je suppose, Quand le Prince Royal aura touché son bord... J'étouffe!.,. Embrassez-moi, grand-père... C'est la mort! Mourir sans le savoir tout à fait hors d'atteinte!... O mon Dieu, protégez le proscrit! Vierge sainte, Je vous prie à deux mains!... Qu'ils sont lents, ces rameur Plus vite!... du courage!...

On entend un coup de canon, très proche.

ACi h \ , bCÈN L V 245

Il est sauvé 1 Je meurs!

ElU tombe, morle, dans les bras d'Angiis.

A X G U S , agenouillé devant le cadavre de Marie. Ah ! morte!...

// la baise longuement au front.

N'est-ce pas, mon Dieu, je vais la suivre!... Lt bientôt! oh! bientôt!... Je ne demande à vivre Que pour l'ensevelir... Et voici le linceul!

// tire de dessous ses Ixiillons l'étoffe d'un drapeau tout déchiré.

C'est le dernier drapeau de l'Ecosse, le seul Qu'elle n'ait pas perdu dans l'atroce bataille. Il est taché de sang et criblé de mitraille! C'est un haillon !,.. Mais c'est le linceul qu'il lui faut, Et dans ses plis, ma pauvre enfant morte aura chaud !... Oui, vivre un jour! Savoir que la tombe est creusée. Le cercueil mis en terre et la pierre posée!... Puis je trouverai bien quelque part un tronçon De claymore, et, gravant comme avec un poinçon. Sur la tombe où sera tout ce qui reste d'elle, A tâtons j'écrirai ce simple mot: Fidèle!

Coutainville, Août-Septembre 18S4. FIN

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