‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 31 sur 159 · ACTE II, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE II

« S'il naît un fils de moi, » lui dites-vous, « prendsgarde ! Or, voilà trop longtemps que la vengeance tarde Et que, sans que peut-être y songe le bourreau, Elle est comme un poignard qui se rouille au fourreau. Mais, si Dieu m'aide, avant que peu de temps s'écoule, Mon père bien-aimé, vous reverrez la foule Au seuil de ce palais, libre et vous acclamant, dui vous criera : « Ton fils a tenu ton serment ! »

GIAN-BATTISTA

Mon Sevcro, que veux-tu dire ?

SEVERO

Je me nomme Scvero Torclli. père! je suis un homme. Mon bras est fort, mon cœur est brave, j'ai vingt ans, Et je vais accomplir la menace. II est temps !

GIAN-BATTISTA

Tu vas ?. . .

D'abord, il faut que je vous avertisse Que rien n'arrêtera cet acte de justice. J'ai juré sur le Christ. Nous sommes quatre amis. Des cœurs jeunes et purs, des bras bien affermis; Je suis leur chef, ma main frappera la première... Et l'on empêcherait d'éclater la lumière Du soleil, et le fleuve à la mer de courir. Plutôt que d'empêcher cet homme de mourir !

GIAN-BAT riSTA.

Sevcro, ne cr.niis pas mes remontrances vaincs. C'est bien mon noble sang qui brûle dans tes veines. C'est lui seul qui te fait agir; tu l'as reçu, Dernier des Torelli, lorsque tu fus conçu ; Mon ardeur d'autrefois, il te la communique. Jadis, je frémissais de peur, mon fils unique. Lorsque, petit enfant, tu faisais un faux pas; Aujourd'hui, prends ma main, elle ne tremble pas. Une larme, une seule, aujourd'hui serait lâche. Tu l'as juré! C'est bien, Scvero, fais ta t.nche.

Mouiraut les aniitiics.

Ils t'approuvent, ô jeune et brave justicier, Nos aïeux, dont voici les fantômes d'acier 1 Je sens sous cet airain quelque chose qui vibre, Leur orgueil, qui connut Pisc puissante et libre. Aussi, tous ces héros qui m'entendent et moi. Nous te verrons lever le poignard sans effroi Sur ce tyran, eût-il une triple cuirasse. Et mettrons dans ton bras la force d'une race 1

s E V E R O, mettant un genou en terre. Il ne vous reste plus, père, qu'à me bénir.

GIAX-BATTISTA.

o mon Dieu, cet enf;int va s'armer pour punir Un homme et délivrer tout un peuple d'esclaves! Vous laissez le volcan répandre au loin ses laves; Laissez des opprimés éclater le courroux. Songez, mon Dieu, que seul il s'expose pour tous,

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