ACTE II, SCEXH I
lin faveur du héros déjà bien vu chez elle... Vous souriez?... Non pas! je suis très sérieux. Avoir raison, c'est bien; être charmant, c'est mieux. Quand on saura qu'en plus de ses droits légitimes Le Prince a de beaux yeux et qu'il fait des victimes, La Marquise offrira, j'aime à le supposer, Un canon par caprice, un soldat par baiser.
DORA, à part.
Non ! il n'a qu'un amour, et pour moi, j'en suis sûre.
Haut.
Accuser d'inconstance un héros! Quelle injure!
LE MARQUIS
Ce serait le flatter, en France, milady.
DONALD DE G L EN M 0 RI S T O N, à Gonïon de Gleiuoc.
Ce papillon doré me semble bien hardi.
Et je vais interrompre un peu son bavardage...
Monsieur le marquis...
LE MARQUIS, à part.
Quoi ?. .. Que nous veut ce sauvage ?
Je m'appelle Donald, laird de Glennioriston,
Lt j'ignore les mœurs de Cour et de bon ton
De Versaillc, où vos Rois sont conduits par des filles .
148 LES JACOBITtS
Mais je connais les mœurs de nos nobles familles. Lorsque l'honneur est par une femme outrage, Je sais que le mari s'est bien vite vengé, Et que, si le sang coule alors, nul ne remarque Si c'est celui d'un lord, d'un prince ou d'un monarque. J'ai dit.
DORA, à part.
Soupçonne-t-il?... Oh! j'en ai le frisson!
LE MARQUIS
Ça ! l'homme aux cheveux roux, serait-ce une leçon "i. . . Morbleu ! je n'admets pas...
LAD Y MURRAV.
Messieurs, point de querelle Car votre double erreur est toute naturelle. Vous, marquis, ne pouviez savoir, en vérité, Quel excès de scrupule et de sévérité A présidé toujours à nos mœurs écossaises... Et vous, Donald, ce sont là des fureurs mauvaises Et vous avez parlé rudement, sans songer Que monsieur est notre hôte et qu'il est étranger. Donc, la paix ! . . .Gardez-vous pour de mcincurcs luttes
DONALD, aicc brusquer ii.
Soit!
LE MARQUIS, galamment.
C'est bien, milady.