LI- PRINCE
Eh bicnl ma chère enfant?... Parlez vite. J'écoute.
Il faut lever le camp, il faut vous mettre en route,
Monseigneur, cette nuit même; car les Anglais
Sont toujours à Newcastle... Altesse, évitez-les.
Passez vite la Tweed, et prenez de l'avance,
Et Carlisle est à vous... Carlisle est sans défense.
J'en viens. Je n'ai vu là que bourgeois effrayes
Montant la garde avec de vieux fusils rouilles,
Et quinze ou vingt canons sur un rempart qui croule.
C'était jour de marché. J'ai traversé la foule,
L'oreille au guet; et tous disaient, sur mon chemin,
Que la ville serait prise d'un coup de main.
Pour être revenue avec plus de vitesse
Et donner la nouvelle heureuse à Votre Altesse,
J'.ii marché nuit et jour... La route est libre... Allez!
LE PRINCE
Certes, j'y vais!... Et si ces bourgeois affolés Osent nous envoyer un seul coup de mitraille, Je jette mon bonnet par dessus la muraille; Mes bons Fingalls l'auront bien vite retrouvé; Et je prendrai Carlisle, et sur son vieux pavé Les fers de mon cheval feront des étincelles, J'en réponds!...
Voyant Marie s'afpuycr d'une main à la table.
Mais qu'as-tu, mon enfiint ?Tu chancelles !
MARIE
Prince, je vous l'ai dit, j'ai marché nuit et jour.
LE PRINCE, à part.
Oh! que de dévouement, Ecosse, et que d'amour! Et combien, chaque jour, tu me deviens plus chère! // force Marie d s'asseoir sur le fauteuil.
Repose-toi, fidèle et brave messagère,
Car je dois mes soldats, Marie, à ton aïeul!
L'aveugle, que jamais tu n'avais laissé seul
A voulu, par un rare et dernier sacrifice,
due son unique enfant fût toute à mon service;
Et tandis qu'il exalte encor mes bataillons.
Toi, sachant qu'on ne peut suspecter tes haillons.
Parmi mes ennemis, et sur leur territoire.
Tu cherches le chemin qui mène à la victoire...
Ton prince est là; mais reste assise devant lui.
Fille du mendiant, qui peut-être aujourd'hui