‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 143 sur 214 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

Après un silence.

Quoi! tu ne souris point! Mon lai te déplaît-il? Il faut donc que j'épuise, en bouffon très subtil, De mes petits talents la longue kyrielle. Tu ne veux plus de vers accompagnés de vielle? Soit! lisons Gicéron ou d'autres auteurs grecs... Veux-tu que je te batte au noble jeu d'échecs? Parle! je dois remplir les devoirs de ma charge.

LE ROI, songeur, sans répondre.

Du Guesclin viendra-t-il?

RICQDET.

Ma conscience est large, Pourtant il faut gagner ses gages. Suis-moi bien : Je fais hauberts pour lièvre et gants fourrés pour chien ; Je suis bon ventouseur de bœufs et maître-mire Des chats; et mon talent que le plus on admire, C'est de faire de l'or, en mêlant les rayons Du soleil avec les ailes des papillons! Et, pour désopiler les rates trop farouches, Cheminant au plafond, je fais la chasse aux mouches. Choisis, cousin.

LE ROI, avec impatience.

Tais-toi!

A part.

Non, il ne viendra pas ! Ce soldat aime mieux servir son duc, là-bas, Que moi, le triste roi d'une France épuisée. Que dis-je? mais je suis peut-être sa risée! Car ma fuite à Poitiers... Ah ! cruel souvenir!

Entre le héraut de France.

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