A MA MÈRE
Loin de tes yeux en ce moment, Ma vieille mère, ô sainte femme, f inscris ton nom pieusement En tête de ce petit drame.
Il me semble te voir d'ici
Mettre à la hâte tes lunettes
Pour lire s'il a réussi,
Dans quelques journaux bien honnêtes.
Et, du fond de ton grand fauteuil,
Avide, tu les interroges,
A tous les blâmes fronçant l'œil,
Te calmant à tous les cloues.
Pauvre mère! pardonne-moi Et d'être malade et d'écrire.
Je le sais, c'est ce double émoi Qui t'a fait perdre le sourire.