‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 161 sur 214 · DE LA BELLE FILLE HOSPITALIÈRE AUX GENS D'ARMES · texte numérisé non relu

DE LA BELLE FILLE HOSPITALIÈRE AUX GENS D'ARMES

Belle fille à l'amour idoine, De ma fenêtre en floraison, Je vois souvent clerc ou chanoine Rôder autour de ma maison.

Mais aucun, blondin ou grison, Portant froc ou robe drapée, Ne me dira son oraison :

Je n'aime nuls que gens d'épée.

Le butin est leur patrimoine, Aussi donnent-ils à foison Escarboucle, onyx ou sardoine, Et drap fin du pays frison. De vieux vin et de venaison On fait près d'eux franche lippée, Et leur cœur est comme un tison.

Je n'aime nuls que gens d'épée.

Alexandre de Macédoine Vit Thalestris en pâmoison; Cléopàtre adorait Antoine; Médée a brûlé pour Jason Qui conquit la blonde toison; Othon fut chéri de Poppée :

Et voilà pour quelle raison Je n'aime nuls que gens d'épée.

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