ACTE IV, SCÈNE VII
Et l'arrosons d'un vin agréable au lamper!
Vive Dieu! c'est l'Anglais qui nous offre à souper!
TOUS
Ah!
LE BOURGEOIS GRAS, montrant l'un après l'autre son ventre, puis le cochon étendu à ses pieds.
Ventre patient, reçois ta récompense.
ALAIN, à Du Guesclin.
A la fin. Monseigneur, vous nous direz, je pense, Par quel moyen étrange et quel tour imprévu, Vous avez ramené ces vivres !
DU GUESCLIN
J'avais vu.
Hier, en rôdant, non loin du ruisseau, dans la plaine, Parqués auprès d'un champ de trèfle, une centaine De pourceaux, destinés à messieurs les Anglais. Les mirifiques porcs! Des noirs, des violets, Des roses ! Gras à point, superbes! Et leur soie Reluisait sur leur dos comme un drap qui chatoie! Or, nous sachant ici sans vivres, j'ai pen< '■ : Ces Anglais sont vraiment cruels d'avoir laissé Ces pauvres animaux exposés à la pluie. Par bonheur! il restait dans la place une truie Pleine, et que l'on gardait afin qu'elle mit bas.
ALAIN
Ah! je vous reconnais !
DU GUE SC LIN, gaiement.
Tu comprends, n'est-ce pas?
Je tenais mon appeau. L'amour tourne les têtes; C'est lui le vrai tyran des hommes et des bêtes. Et, pendant qu'Olivier fait sa diversion, Malgré ses grognements et sa rébellion, Je prends la truie et la campe sur mes épaules! Je sors des murs, sans bruit, et je gagne les saules Oui loneent la rivière et font comme un rideau Entre l'Anglais et moi. Sur l'autre bord de l'eau, J'aperçois dans son parc le troupeau qui sommeille. Je fais hurler ma truie en lui tordant l'oreille. Quel triomphe! Voilà le troupeau furibond Oui, malgré les porchers, dans l'eau ne fait qu'un bond Et me rejoint, tandis que je rentre en la ville, Avec tous les cochons me suivant à la file!
TOUS, riant.
Ah!
ALAIN
Bien imaginé!
DU GUESCLIN
Soit! Je viens d'obvier