‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 71 sur 214 · ACTE II, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IV

Vous allez voir un homme à qui rien ne résiste, Un médecin fameux qui vous guérira bien.

L'INFIRMIÈRE

Voyons, désirez-vous quelque chose?

LOUISE

Non, rien.

Mais ne m'en veuillez pas, surtout, si je refuse. On est ici trop bon pour moi, j'en suis confuse.

L'AUMÔNIER

J'y pense : le public n'est admis au parloir Que certains jours; mais, si vous voulez recevoir Quelqu'un de vos amis ou de votre famille, C'est bien simple, je fais dire un mot à la grille, Et, si l'on vous demande, alors on entrera.

LOUISE

Merci, monsieur l'abbé, personne ne viendra.

L'AUMÔNIER

Ah! ce manque d'espoir en Dieu me désespère. Vous abandonne-t-il?

LOUISE

Excusez-moi, mon père.

Pour vous je suis injuste et méchante. Pardon.

C'est vrai : je ne meurs pas ici dans l'abandon ;

C'est vrai : vous ne touchez à la pauvre étrangère

Qu'avec l'attention délicate et légère

Que j'avais autrefois pour mon petit oiseau ;

Et mon lit d'agonie est doux comme un berceau.

L'AUMÔNIER

Mais qui vous parle donc de mort?

LOUISE

Mon espérance !

Car je sens que, prenant en pitié ma souffrance, Dieu m'accorde une fin paisible et sans effort Et que je vais partir comme un enfant s'endort.

L'AUMÔNIER

Je ne sais plus que faire, hélas !

L'INFIRMIÈRE, bas à l'aumônier.

Elle divague.

LOUISE

Ah! madame, gardez cette petite bague.

C'est mon dernier bijou; je n'y dois plus tenir. — A vous je n'ose pas laisser un souvenir, Monsieur l'abbé.

L'AUMÔNIER

Voyons, ma pauvre enfant, de grâce

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