‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 101 sur 251 · ACTE I, SCÈNE VUE · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VUE

SEYEROi

Que m'importe, en un pareil moment!

A nos projets!... Ainsi, pour mourir, pour combattre, Nous allons nous unir, mes amis, tous les quatre?

LES TROIS JEUNES GENS

Oui!

SEYERO, à Ercole.

Le temps presse-t-il?

ERCOLE

Le roi de France accourt; Il faut que les Pisans, dans un délai fort court, Soient libres dans leurs murs, l'œil à la barbacane, Pour aider les Français descendus en Toscane.

SEYERO.

Ils le seront! Le ciel s'écroule sur mon front, Si je n'insurge pas la foule. Ils le seront !

LIPPU

Mais ce peuple endormi sous un joug centenaire, Il faut le réveiller par un coup de tonnerre; Faisons, pour enhardir jusqu'au plus timoré, Un acte sans retour, affreux, désespéré, Qui le force au combat, qui lui mette aux entrailles

La rage du succès, l'effroi des représailles,

Et qui donne au bourgeois le cœur d'un vétéran...

SEVERO

Cet acte quel est-il?

ERCOLE

Le meurtre du tyran.

SEVERO

Je vois que vous m'avez bien compris tout à l'heure.

Il faut que nous frappions cet homme, il faut qu'il meure.

Nous ne soulèverons Pise qu'en brandissant

Au soleil un couteau, tout rouge de son sang.

Notre devoir est là; cette tâche est la nôtre.

Êtes-vous tous prêts?

LES TROIS JEUNES GENS

Tous!

Frappons l'un après l'autre.

Si bien gardé qu'il soit par ses hallebardiers, Que ce soit moi qui tue ou vous qui poignardiez, Nous jurons de frapper d'une main ferme et sûre?

LES TROIS JEUNES GENS

Oui... tous!

Oui!

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