ACTE 111, SCÈNE IV
Le Pisan indigné dont la main a sali
Ces emblèmes... c'est moi, Severo Torelli !
LA FOULE, avec un long cri de douleur.
Ah!...
BARNABO, troublé.
Tu prétends?...
SEVERO
Je suis coupable. Prends ma vie,
EBCOLE, à Benzo.
Ce serait lui ?
BENZO.
Jamais. . . L'enfant se sacrifie. . .
0 trop généreux cœur !
BARNABO, au Barigel, qui a fait quelques pas vers Severo.
Barigel, un moment.
Ne vous emparez pas de ce jeune homme : il ment !
SEVERO
Je mens!... Oh! ne pouvoir venger un tel outrage !
BARNABO.
Non, Torelli, je rends justice à ton courage, Tu risques bravement la mort sur l'échafaud, Mais, à moi, c'est le vrai coupable qu'il me faut.
THLATHE. — III. 14
Tes générosités sont par trop ingénues; Enfant, tes actions me sont toutes connues, Et tu n'es pas sorti de chez toi cette nuit.
SEVERO
Le coupable, c'est moi, te dis-je !
BARNABO, venant près de Severo et lui parlant bas.
Pas de bruit !
Tu me hais, je le sais, comme une bête fauve; Cependant, laisse-toi sauver, quand je te sauve. Je sais ce que je fais, et surtout garde-toi, Imprudent compagnon, de demander pourquoi; Garde-toi d'adresser cette question folle, Entends-tu ? car je n'ai qu'à dire une parole, Et tous les tiens et toi, — tu comprends ? tous les tiens, Ton père, ce modèle entre les citoyens, Ta mère, que tu dois adorer plus encore... Je n'ai qu'un mot à dire... et je vous déshonore !
SEVERO, terrifié, à part.
Il le peut ! J'oubliais l'horrible vérité !
BARNABO, à voix haute.
Severo Torelli convient qu'il s'est vanté;
Il me suffit d'avoir confondu ce jeune homme..