‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 140 sur 251 · SCÈNE IV SEVERO, RENZO · texte numérisé non relu

SCÈNE IV SEVERO, RENZO

Eh bien?

SEVERO, à Renzo qui entre.

RENZO

Prépare-toi, frère, à faire justice ; Car, ce soir même, avant que l'heure retentisse, Un couteau dans la main, tu seras enfermé Avec le Barnabo tout seul et désarmé.

SEVERO

Que dis-tu ?

RENZO

Je savais déjà que le despote,

-230 SEYERO TORELLI.

Si vicieux qu'il soit, a l'âme très dévote;

Qu'après avoir été cruel et débauché

Il s'en va confesser humblement son péché,

Et qu'il croit réparer ses actes diaboliques

En étant très pieux pour les saintes reliques.

Mais ce que j'ignorais, c'est que le Barnabo

Descendît tous les soirs dans le fameux caveau

Du Dôme, où l'on peut voir, dans l'or, sous la vitrine^

Le voile merveilleux de sainte Catherine.

SEVERO

Personne ne l'a vu jamais dans ce saint lieu.

RENZO

Certes, car il craint l'homme autant qu'il croit en Dieu.

Tu semblés oublier, et jeté le rappelle,

Qu'un crime fut jadis commis dans la chapelle,

Et que, depuis ce temps, nul ne peut être admis

A voir le reliquaire, avant d'avoir remis

Au moine porte-clefs son épée et sa dague.

Spinola, qui s'émeut du danger le plus vague,

A l'usage pourtant s'est toujours conformé ;

Mais c'est pendant la nuit, quand le Dôme est fermé,

Qu'il vient, en grand secret, dans ces lieux taciturnes.

Or, tout à l'heure, après les prières nocturnes

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